Après le Niger, c’est autour du Mali de manifester son mécontentement suite aux expulsions de Maliens d’Algérie. Un début de crise diplomatique semble même être évité par les autorités des deux pays.

Tout a commencé jeudi. Des médias maliens font état de la convocation, par les autorités maliennes, de l’ambassadeur d’Algérie à Bamako. La raison ? Les autorités maliennes comptent protester contre la manière avec laquelle les Algériens ont expulsé un millier de ressortissants maliens. Des sources diplomatiques avançaient même que les autorités du Mali ont rappelé leur ambassadeur à Alger et leur consul général à Tamanrasset pour « consultation ».

Ces rumeurs ont été confortées par la «réception » par les autorités algériennes de l’ambassadeur du Mali à Alger. “Dans le cadre de ses activités diplomatiques ordinaires, S.E.M. Nany Touré, Ambassadeur de la République du Mali en Algérie, a été reçu, ce jour, au siège du ministère des Affaires étrangères, par l’Ambassadeur Sofiane Mimouni, Directeur général Afrique. L’entretien a porté sur les relations bilatérales et les perspectives de leur renforcement”, a tenu à rassurer à ce propos le porte-parole du ministère des Affaires Etrangères.

Mais vendredi après-midi, les autorités maliennes ont remis les pendules à l’heure. Le ministère malien des Affaires Etrangères a démenti les informations portant sur le rappel de son ambassadeur et consul. “Le Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale informe l’opinion nationale et internationale que contrairement aux informations véhiculées par un certain nombre de médias et de réseaux sociaux. il n’a jamais été question de rappel ni de l’appel en consultation de l’Ambassadeur du Mali en Algérie et du Consul général à Tamanrasset”, indique le communiqué du ministère malien des Affaires Etrangères.

Le même document précise, en revanche, que des discussions sont en cours entre les deux gouvernements à propos de l’émigration clandestine. Mais les Maliens ne disent rien sur leur relation avec l’ambassadeur algérien à Bamako.

Certains pays africains reprochent à l’Algérie un renvoi massif de leurs ressortissants. Alger soutient, par contre, que cela se fait dans le « respect des droits humains » et en « concertation avec les gouvernements concernés ». un argument qui justifie, d’ailleurs, une tournée régionale du ministre de l’intérieur, Noureddine Bedoui.