La crise financière n’est pas un mythe. C’est une réalité palpable qui se mesure chaque jour à l’aune de la précarité gangrenant notre société. Et le dernier rapport de la Banque Mondiale fait tout simplement froid dans le dos. L’institution économique la plus prestigieuse dans le monde prévoit une augmentation vertigineuse de la pauvreté en Algérie. 

“Dix pour cent de la population pourrait retomber dans la pauvreté”, note la Banque Mondiale dans son dernier rapport de suivi de la situation économique publié le 16 avril dernier. A en croire la Banque Mondiale, les chiffres actuels du gouvernement algérien concernant le taux de la pauvreté de la population algérienne ne sont pas fiables.

“Selon les calculs officiels les plus récents (2011), le taux national de pauvreté serait de 5,5 %, et seulement 0,5 % de la population vivrait dans des conditions d’extrême pauvreté. Ces calculs reposent sur un seuil de pauvreté qui se chiffre, en dollars par jour à la PPP de 2011, à 3,57 pour les zones urbaines et à 3,18 pour les zones rurales, ce qui pourrait sembler faible pour un pays à revenu intermédiaire (tranche supérieure)”, explique ainsi dans son rapport la Banque Mondiale qui nous offre un autre panorama sur la pauvreté en Algérie.

Une pauvreté qui pourrait toucher pas moins de 4 millions d’Algériens, soit 10 % de la population, en raison des conséquences néfastes de la crise financière qui paralyse l’Etat algérien depuis la chute des prix du baril de pétrole à partir de 2015/2016.

Les autorités algériennes sont prévenues : la pauvreté va augmenter significativement en Algérie. Et si rien n’est fait pour redresser l’économie nationale, un malaise social risque de conduire à une explosion qui menacerait la stabilité du pays.