L’Algérie risque de perdre définitivement ces réserves de change d’ici 2020. Et c’est la Banque Mondiale qui le dit haut et fort.  Ces réserves de change pourraient ne plus représenter que cinq (5) mois d’importation d’ici 2020, soit un niveau proche du seuil de 3 mois des marchés émergents ! 

En clair, avec cet argent caché dans sa tirelire, l’Algérie ne pourra survivre avec ses économies que pendant 3 à 5 mois ! Une prévision qui fait froid dans le dos car elle annonce tout bonnement l’amenuisement définitives de nos réserves de change établies à 97,3 milliards de dollars à la fin décembre 2017.

Pour le moment, grâce à ces réserves, l’Algérie pouvait envisager de parer aux pires scénarios provoqués par les déficits budgétaires. D’après les analyses de la Banque Mondiale, en 2018 le déficit budgétaire devrait atteindre -11,4 % du PIB, mais rapidement diminuer à -5,2% en 2019 et à -1,9% en 2020. De même, le déficit du compte courant, qui devrait s’établir à -16,1% du PIB en 2018 et à -12,7% en 2019, devrait baisser à -10,2% en 2020.

Rappelons enfin que les réserves de change ne cessent de diminuer au cours de ces dernières années. Ces réserves ont été estimées à 56 milliards de dollars en 2005, 77,78 milliards en 2006, 110 milliards en 2007 à 138,35 milliards de dollars en 2008, à 147,2 milliards en 2009, à 157 milliards de dollars fin 2010, 188,8 milliards de dollars en 2011, 190, 66 en 2012, 194 milliards de dollars en 2013. A partir de 2014, une chute sensible commence à s’observer puisque ces réserves baissent à 179,9 milliards de dollars et en 2015, cette baisse va s’accentuer jusqu’à 152 milliards de dollars. Il ne va rester que 13,3 mds usd en 2016 et uniquement 92,3 mds usd en 2017.

Cette chute libre marque ainsi la fin de l’aisance financière de l’Algérie.