En Algérie, le phénomène de la violence dans les stades a pris, ces dernières années, une ampleur telle qu’il devient plus qu’urgent de s’y pencher sérieusement. Presque à chaque rencontre, on entend parler d’actes de violence et de vandalisme avec parfois des excès qui dépassent l’imaginaire.

Les enceintes de Chahid-Hamaloui de Constantine et Ahmed-Zabana d’Oran ont été vendredi le théâtre simultanément de scènes de violences inquiétantes et condamnables, mettant à l’échec toutes les tentatives entreprises par la Fédération algérienne de football (FAF) pour éradiquer ce fléau, de plus en plus persistant à l’approche de chaque fin de saison. Les affrontements du vendredi dernier ont donné lieu à des violences inouïes immortalisées dans des vidéos diffusées massivement sur les réseaux sociaux.

Des pierres immenses qui jonchent le terrain de Constantine, des supporters du Mouloudia d’Alger tabassés et noyés dans un Oued ! Une cinquantaine de personnes grièvement blessées et un supporter décédé suite à un accident de la circulation, à Constantine, le bilan fut funèbre et reflète la gravité de ce fléau qui nuit au développement du pays et la sécurité des individus. Alors, quelles sont les causes qui poussent les supporters à faire la violence dans les stades ? Et quelles sont les solutions ?

 

les raisons qui poussent les jeunes à avoir un comportement agressif lors des rencontres de football sont liées, à la tricherie et la corruption dans le milieu footballistique. Elles sont également liées à la mauvaise gestion des clubs et l’inadéquation des infrastructures sportives.
Cette violence dans nos stades est essentiellement dûe aux problèmes sociaux, économiques et politiques, au chômage, au manque de moyens de loisirs et d’évasion… Le stade est la seule place où les jeunes peuvent exprimer, extérioriser leur désarroi.
Mais cette violence n’est pas une fatalité. Il est possible de lutter efficacement contre ce fléau en y apportant les solutions adéquates. A titre d’exemple, on peut mettre les guichets de chaque équipe à part pour éviter toute altercation entre les supporters.

Il faut installer des caméras à l’entrée et à l’intérieur des stades afin de surveiller ces bandes de hooligans et de délinquants violents. Il est nécessaire de placer des hauts parleurs dans les stades en vue de communiquer avec le public. Il faut adopter aussi une loi qui interdit ces actes en appliquant des peines sévères. Il est nécessaire aussi d’établir un fichier des personnes impliquées dans des actions de violence afin de leur interdire pour toujours l’accès aux stades de football.

La presse doit continuer à travailler dans le sens de la formation, de l’éducation et de l’information du public, des joueurs, des encadreurs et des dirigeants sportifs. Cette action de la presse va servir à sensibiliser l’environnement du football. L’Algérie peut s’inspirer aussi de l’expérience anglaise. En proie au hooliganisme dans les années 80, l’Angleterre a opté pour une mutation des stades de Premier League en supprimant définitivement les places debout et en plaçant les premiers sièges plus proches des terrains.

Les anglais ont mis en place également des interdictions de stade pour les hooligans reconnus grâce au Public Disorder Act en 1986. En 1989, une loi instaurait la possibilité d’interdiction de déplacement à l’étranger et en 1991, le Football Offences Act réprimait le lancement d’objets sur la pelouse, les chants racistes ou indécents. Autant de mesures qui ont permis de réduire considérablement les incidents dus au hooliganisme.

Le gouvernement algérien doit prendre enfin très au sérieux ce phénomène qui guette nos stades et nous prive de supporter dans la quiétude nos équipes préférées.