Saïd Sadi est affirmatif : l’Algérie court bel et bien le risque d’une forte explosion sociale. Et cette explosion ne viendra pas de la Kabylie, a-t-il expliqué lors d’une conférence animée à Montréal au Canada. 

“Il y a des forces centrifuges qui sont en mouvement. On parle souvent de la Kabylie mais ce n’est pas vrai, ce n’est pas par là que risque de venir le grand danger”, a-t-il prévenu. “Il faut voir ce qui se passe au Sud. J’étais à Tamanrasset et à Djanet au mois de décembre, il y a le M’zab qui est en train de bouillir, le Sud-Ouest. C’est une erreur de croire que nous sommes dans un pays normal et qu’il s’agit de gérer une élection à venir”, analyse-t-il pour mettre en garde contre les injustices sociales et la discrimination qui alimentent un profond sentiment de colère parmi la population locale de ces régions déshéritées du sud du pays.

L’ancien leader du RCD a abordé ouvertement la question du MAK et son influence en Kabylie. “Quand on est démocrate, il faut reconnaître à n’importe qui le droit d’émettre une idée. Tout ce que l’esprit conçoit peut être possible”, a-t-il reconnu. Cependant, il a sévèrement critiqué le caractère excluant du MAK.  “Mais à partir du moment qu’on a émis son idée, il faut accepter deux choses : elle peut être sujette à critique et il faut reconnaître aux autres le droit d’avoir des idées. Si on commence à baptiser la mentalité qui se veut différente de celle du pouvoir, on ne s’en sortira jamais”, a-t-il déploré en signalant enfin que  “ceux qui disent celui qui n’est pas avec nous est contre nous ce n’est pas sérieux tout ça. Je crois que le pouvoir applaudit à chaque fois qu’il entend ce genre de choses”.