Scandaleux ! Les dirigeants du Fonds National d’Investissement (FNI), la structure financière la plus importante du pays avec la Banque d’Algérie, ont décidé de se venger contre leurs travailleurs à la suite des révélations dérangeantes d’Algérie Part à propos de leur gestion chaotique et très opaque. 

En effet, Algérie Part a publié le 5 avril dernier un long article étayé par des documents exclusifs qui démontrent le climat malsain dont souffrent en ce moment les 400 travailleurs du FNI. Harcèlement moral, ponctions de salaires injustifiées, intimidation et pressions sur les travailleurs qui se rapprochent de leur syndicat, menaces et violences verbales, mise à l’écart des cadres qui contestent la mauvaise gestion de leur entreprise, bref Algérie Part avait relaté dans sa précédente investigation toutes les pratiques perverses qui provoquent de dangereux dysfonctionnements à ce fonds impliqué dans la gestion et financement de plusieurs projets stratégiques en Algérie comme Djezzy ou l’usine de Renault à Oran.

Algérie part avait révélé dans cette investigation des correspondances adressées par le syndicat  d’entreprise du FNI, une section syndicale affiliée à l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), à la direction générale du FNI et à la direction des Ressources Humaines du même organisme. Ces lettres qui sont également parvenues à l’UGTA. La centrale syndicale a été amenée, d’ailleurs, à intervenir à plusieurs reprises pour dénoncer les brimades et intimidations dont sont victimes les travailleurs du FNI.

Cinq jours après notre enquête, la direction générale du FNI décide de s’en prendre violemment à des délégués syndicalistes pour les utiliser comme des boucs émissaires en les accusant de trahir leur entreprise. Face à nos révélations fracassantes, les responsables du FNI ont préféré sacrifier des délégués syndicaux totalement innocents. Et c’est ainsi que Abderraouf Boumediene, secrétaire général de la section syndicale du siège de la direction générale du FNI, a été licencié abusivement le 10 avril dernier comme le démontre ce document en notre possession.

Ce délégué syndical a été convoqué, dans des conditions troublantes, devant une commission de discipline pour “comportement incorrect” et “non-respect de la discipline générale au sein de l’établissement”. Deux motifs qui interviennent étrangement à la suite de la publication de notre enquête à propos de la gouvernance brutale et arbitraire du FNI.

Selon nos investigations, un autre délégué syndical, H.N, chargé de la formation à la même section syndicale, fait également l’objet d’une procédure de licenciement pour les mêmes motifs. La direction générale du FNI veut, décidément, punir sévèrement les syndicalistes pour effrayer tous les autres employés qui oseraient contacter Algérie Part pour nous aider dans nos investigations. Ces méthodes relèvent d’une bassesse qui n’honore guère les institutions de notre pays. Le ministère des Finances ne devrait-il pas réagir et exiger des explications ?

L’UGTA s’est saisi officiellement de ce dossier et apporte son soutien à ces deux syndicalistes privés de leurs salaires et emplois. La centrale syndicale envisage, selon nos sources, d’enclencher les procédures nécessaires pour obtenir la réintégration de ces cadres honteusement écartés. Algérie Part reviendra prochainement sur les dessous de la mauvaise gestion du FNI avec une enquête plus approfondie.