Malgré la crise, le gouvernement ne veut pas s’avouer vaincu. Venu présenter le « bilan » présidentiel pour l’année 2017, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a fourni samedi à Alger des chiffres plutôt rassurants, même s’il avoue que l’année dernière a été difficile. Il a expliqué que malgré la baisse des prix du pétrole, 2017 a été une année « correcte ». Il en veut comme preuve la relance de la création des emplois.

Ainsi, selon le bilan détaillé fourni à la presse, Ahmed Ouyahia a annoncé la création d’un total de 563.000 postes d’emplois. Parmi ces postes d’emplois, 92.300 ont été créés par la Fonction publique, 366.000 par les agences d’emplois, 18.000 par l’investissement de micros entreprises, au côté de 87.000 emplois d’attente par contrats d’insertion et de travail aidé.

Dans le même cadre, le Premier ministre a précisé que 409.000 personnes ont bénéficié des programmes d’insertion, dont 310.000 dans le cadre du dispositif d’activité à l’insertion (DAIS), 36.000 dans le cadre du programme d’insertion sociale des jeunes diplômés, et 63.000 dans le cadre  du programme d’aide à l’activité à domicile (ANGEM).

Force est de constater que la majorité de ces emplois sont caractérisés par une énorme précarité. Les emplois créés par les agences d’emploi sont gérés essentiellement par L’Agence Nationale de l’Emploi (ANEM). Or, les salaires que touchent les jeunes algériens en occupant ces emplois demeurent dérisoires et ne leur permettent aucunement d’entrevoir une autonomie dans leur vie sociale. Ces salaires ne dépassent pas le salaire minimum de 18 000 DA.

Quant au dispositif de l’ANGEM, sa fiabilité n’a jamais été démontré de manière rationnelle et souvent les micro-crédits servent à financer des petites activités qui finissent par mourir dans une

Idem pour les emplois créés dans le cadre du dispositif d’activité à l’insertion (DAIS) ou programme d’insertion sociale des jeunes diplômé. Il s’agit, en vérité, du pré-emploi et le salaire avoisine entre 8000 et 15 000 Da. Une somme ridicule qui ne permet même pas de subvenir aux besoins élémentaires d’un citoyen algérien durant une période d’un mois.

Il faut savoir qu’en Algérie le CID (contrat d’insertion pour les diplômés) propose aux jeunes algériens un salaire dont le montant est fixé à 12 000 DA par mois ; le CIP (contrat d’insertion professionnelle pour les jeunes sortant de l’enseignement secondaire de l’éducation nationale, des centres de formations professionnelles, ou ayant suivi un stage d’apprentissage) propose une  rémunération arrêtée à 8 000 DA… par mois.

Il y a aussi le CFI (contrat formation insertion destiné aux jeunes sans formation et sans qualification) rémunéré à 6 000 DA par mois. Tous ces dispositifs entrent dans le cadre du “travail aidé”, le concept inventé par les autorités algériennes pour lutter contre le chômage massif des jeunes algériens. Un concept qui donne lieu à des emplois très précaires n’offrant aucune perspective heureuse ou prometteuse aux jeunes algériens. Une véritable arnaque politique pour berner les chômeurs algériens.

Saïd Sadia