Après la consécration officielle de Yennayer comme « journée chômée et payée », le gouvernement s’apprête à concrétiser une autre promesse faite à propos de la promotion de la langue amazighe. Il vient de finaliser le projet des statuts de l’académie de la langue amazighe et s’apprête à soumettre le texte au Conseil des ministres.

Le premier ministre, Ahmed Ouyahia, est le premier à avoir confirmé  l’information dans un communiqué rendu public. « Ce texte fixe les missions, la composition, l’organisation et le   fonctionnement de cette Académie instituée par l’article 4 de la  Constitution qui déclare que Tamazight est également langue nationale et officielle », indique, en effet, un communiqué des services du Premier ministre.

« Le contenu de cet avant-projet de loi sera rendu public après son examen par le Conseil des ministres dans les prochaines semaines, avant sa   présentation au Parlement durant ce premier semestre, comme décidé par le président Abdelaziz Bouteflika », ajoute le document.

L’information a tout de suite été relayée par le secrétaire général du HCA, Si-El Hachemi Assad. « Le projet  de loi organique relatif à la création de l’Académie de langue amazighe est fin prêt et comporte des dispositions à même de renforcer la place de la langue amazighe et définir les responsabilités des institutions de l’Etat dans le but de généraliser graduellement et promouvoir la langue amazighe, outre la protection de la créativité intellectuelle amazighe » a-t-il indiqué lors d’une intervention à Alger.

Il a précisé, par ailleurs, que « le texte de loi a été examiné au niveau du premier ministère à travers l’installation d’une commission restreinte regroupant cinq départements ministériels à savoir les ministères de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du Territoire, de la Culture, de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieure et la Recherche Scientifique et de la Formation Professionnelle ainsi que le HCA ».

La création de cette instance est prévue dans la Constituions révisée en 2016. Elle sera composée d’académiciens. Des noms de personnalités de la revendication amazighe sont cités comme étant les futures responsables de cette instance. On parle du professeur Abderrezak Dourari, qui est actuellement à la tête du Centre technique et pédagogique pour l’enseignement de tamazight. Le nom de El-Hadi Ould-Ali, ancien ministre de la jeunesse et des Sports et ancien militant de la cause amazighe, est également pressenti pour présider cette académie.

Saïd Sadia