Le flou demeure total, mais la chronologie des événements ayant conduit au crash de l’avion militaire tout près de l’aéroport de Boufarik  nous fournit les toutes premières indications. De prime abord, plusieurs sources ont confirmé qu’au moment du décollage, l’un des moteurs de l’avion transportant plus de 257 personnes a pris feu. 

“C’est une information qui nous a été confirmée par de nombreux témoins oculaires. Il s’agit donc d’un décrochage qui a conduit, par la suite, au crash”, révèle à Algeriepart le Pilote de ligne, expert judiciaire et enquêteur sur les accidents et incidents aériens, Benzerroug Mohamed Redouane.

Selon notre interlocuteur, pour le moment le décrochage de cet avion de ligne en raison d’une panne technique encore indéterminée est l’hypothèse la plus plausible pour expliquer ce terrifiant crash qui a fait pas moins de 257 morts, l’accident aérien le plus douloureux de toute histoire de l’Algérie.

Mais en quoi consiste le phénomène de décrochage ? Il faut savoir qu’en conditions de vols classiques, des filets d’air circulent autour de l’aile et en épousent la forme. Toutefois, à trop forte incidence, les filets d’air ne recollent plus au profil de l’aile. La portance de l’avion diminue. Il tombe ou continue sa trajectoire du fait de sa seule inertie et peut s’écraser. A l’opposé, à haute vitesse, des filets d’air peuvent atteindre la vitesse du son. Ce phénomène crée une onde de choc qui peut provoquer une perte de contrôle de l’avion.

Dans le cas du crash de l’avion militaire à Boufarik, il est encore tôt pour tenter de déterminer les circonstances exactes dans lesquelles le décrochage est survenu,  explique Benzerroug Mohamed Redouane. Ce dernier met en garde contre les spéculations  diffusées sur internet pour expliquer l’origine du feu qui s’est emparé de l’un des moteurs de l’avion. “Il faudra attendre au moins 10 jours pour qu’un premier rapport préliminaire de l’enquête soit élaboré et délivré”, a-t-il prévenu.

Cependant, tout le processus de cette enquête va prendre près d’une année de travail en raison des spécificités complexes du secteur aérien. Mais peut-on d’ores et déjà incriminer l’avion russe de type un Iliouchine I76 qui assurait le vol Boufarik-Tindouf-Béchar ? Cet avion était-il vétuste et manquait-il d’entretien ? “Il est encore très tôt pour répondre à ces questions”, estime notre expert judiciaire et enquêteur sur les accidents et incidents aériens. “L’avion était en exploitation depuis des années par l’armée. On ne peut pas dire qu’il est défaillant. Mais il y a toute une série de facteurs techniques qui peuvent expliquer ce crash. Il faudra vraiment patienter le temps de l’enquête”, conclut-t-il enfin.