L’Agence Nationale pour la Transformation et la Distribution de l’or et des autres Métaux Précieux (AGENOR) a été créée en 1970 par l’Ordonnance n° 70-6 du 16 janvier 1970.

Sa mission est de prendre en charge les opérations d’importation et de distribution sur le marché national des métaux précieux.

AGENOR jouissait dès le départ d’une situation de monopole d’Etat, et avait été placée sous la tutelle du Ministère des Finances et ce, jusqu’à sa restructuration. En effet, dès 1989, AGENOR devient une Société Par Actions (SPA). Elle est aujourd’hui dotée d’un capital de 200.000.000 DA détenu en totalité par un unique actionnaire Holding Public.

Le monopole a pris fin suite au décret exécutif n° 04-190 du 10 juillet 2004 fixant les modalités d’agrément et de souscription au cahier des charges pour l’exercice de l’activité d’importation d’or et d’argent ouvrés ou non ouvrés et l’activité de récupération et de recyclage des métaux précieux.

Des agréments ont alors été octroyés par le Ministère du Commerce à certains importateurs dès l’année 2005 permettant ainsi l’achat de métaux précieux selon un cahier des charges précis.

AGENOR a été intégrée au nouveau groupe industriel minier dénommé MANAL “Manadjim El Djazaïr” qui a été créé par Décret n° 11-85 du 16/02/2011 en remplacement de la SGP SOMINES.

Ce nouveau groupe industriel est doté d’un capital social de 5 milliards de DA, détenu par l’Etat de manière imprescriptible et inaliénable.

Climat malsain et harcèlement moral 

Il y a de cela quelques mois, un collectif de travailleurs d’AGENOR avaient déploré, malgré la bonne santé de l’entreprise, un climat de travail malsain.

Un courrier, signé par ce collectif d’employés avait alors été transmis à Mr Youcef Yousfi, ministre de l’Industrie et des Mines, lui demandant de prendre des mesures quant à la situation catastrophique qui prévalait au sein d’AGENOR.

Dans cette lettre que nous avons pu consulter, ces employés de l’entreprise publique, évoquaient un travail quotidien harassant, dans des conditions insoutenables imposées par l’actuel PDG d’AGENOR, Mr Ziani Belkacem.

Les mêmes employés, dont des syndicalistes, avaient parlé de menaces reçues et d’un perpétuel harcèlement moral et administratif afin de les pousser à la démission.

Le PDG, ont-ils rapporté, ne cesse d’adopter des mesures disciplinaires illégales telles des rétrogradations et des licenciements abusifs…

Le Directeur Commercial, a-t-on appris, aurait été licencié suite à un conseil de discipline alors qu’il était absent…

D’autres employés pourtant, nous a-t-on affirmé, semblent jouir des faveurs du PDG. ‘’La Responsable des Ressources Humaines et des moyens généraux a été installée à ce poste alors qu’elle ne possède pas le niveau requis pour cette fonction’’, nous assurent nos interlocuteurs.

Nous avons même envoyé une pétition au Ministre des Finances, mais en vain, l’actuel PDG a été inspecteur au niveau de ce même Ministère et ils le couvrent’’, assènent-ils.

Nous avons pu discuter avec plusieurs employés au niveau du siège de l’AGENOR et de la Direction Commerciale qui ont totalement infirmé les déclarations de leurs désormais ex-collègues.

Selon plusieurs de ces personnes, les problèmes que l’entreprise avait vécu, il y a quelques mois trouvaient leur origine chez les syndicalistes et l’ex-Directeur Commercial, aujourd’hui licenciés.

”Ces personnes sans foi et qui faisaient la loi chez AGENOR n’avaient pas apprécié la discipline imposée par le nouveau PDG qui a mis fin à leur diktat et combines’’, nous expliquent les mêmes sources.

Il faut savoir qu’à l’ouverture du marché en 2005 le gouvernement n’avait pas mis en place les moyens de contrôle modernes et adaptés.

Des combines mafieuses et business opaque 

Certaines personnes se seraient discrètement associées à quelques importateurs pour les aider à gagner de l’argent nous apprend une source bien placée à l’AGENOR.

 

L’astuce la plus répandue consiste en l’importation de bijoux de 14 carats ou moins et de les céder comme des bijoux de 18 carats. C’est tout de suite 4 grammes ou 8 grammes d’or fin qui sont ainsi gagnés par les indélicats vendeurs. La différence de prix pour un gramme d’or à 18 carats par rapport au même gramme de 14 carats est aujourd’hui de plus de 800 DA. Le calcul est vite fait…

L’or a également permis de transférer d’énormes sommes en devises vers l’étranger en procédant à des surfacturations et des importations de métaux comme le Tungstène ou le cuivre et autres alliages à base de cuivre tout en facturant les produits importés comme des métaux précieux…

A titre d’exemple, le prix d’un Kg d’or de 24 carats est aujourd’hui équivalent à plus de 6 200 fois la valeur du cuivre !

Ce qui voudrait dire que l’on a acquis un produit valant réellement 100 Dollars mais que l’on a payé 620.000 Dollars avec l’argent du Trésor Public…

Il est clair que cela aiguise bien des appétits…

Le gouvernement a réagi tardivement en interdisant toutes importations et des enquêtes seraient toujours en cours.

Se pourrait-il que ce fameux malaise entre le Directeur Général et les syndicalistes ainsi que le Directeur Commercial licenciés au sein de l’AGENOR soit en fait lié à ce business opaque ?

Nous avons tenté par deux fois de contacter le Président Directeur Général d’AGENOR pour des explications, en vain.