Les efforts entrepris par le gouvernement pour redresser la situation économique en Algérie ne rassurent toujours pas les agences et cabinets de notation.

La dernière publication des notes de risques pays et secteurs du cabinet Euler Hermès (EH) pour le premier trimestre 2018 a vu la note de notre pays abaissée de : risque moyen à risque significatif !

Ce cabinet vient en effet de dégrader la note de l’Algérie la faisant passer du niveau C2 à C3, signifiant ainsi qu’Alger est loin de rassurer les marchés qui s’inquiètent de l’absence de diversification de l’économie algérienne et de sa dépendance vis-à-vis des hydrocarbures.

Euler Hermès se base, dans sa méthodologie de classement dans l’évaluation du niveau global de risque pays, sur un élément central : la Note Pays Structurelle. Celle-ci mesure le risque de transfert et de convertibilité et de qualité de l’environnement des entreprises, qui est déterminée par la combinaison de trois analyses :

  • L’évaluation des déséquilibres macroéconomiques : qui analyse notamment la structure de l’économie, la politique budgétaire et monétaire, l’endettement, le solde extérieur, la stabilité du système bancaire ;
  •    L’évaluation du cadre institutionnel/sociétal de la vie des affaires : qui analyse notamment le cadre réglementaire et légal, le contrôle de la corruption et la relative facilité à faire des affaires ;
  • L’évaluation de la stabilité du système politique et l’efficacité du gouvernement : qui analyse notamment les mécanismes de transfert de pouvoir et les processus de succession, la concentration des pouvoirs, l’efficacité de la politique, l’indépendance des institutions, la cohésion sociale, les relations internationales.

Les deux premiers éléments constituent des sous-rubriques de la note relative au risque économique attribuée à chaque pays. Le troisième élément détermine la note relative au risque politique.

Ces notes relatives au risque économique et au risque politique sont ensuite combinées pour donner la Note Pays structurelle.

Elle sera déclinée sur une échelle à 6 niveaux, allant de AA à D.

AA étant le risque pays structurel le plus faible et D le risque pays structurel le plus élevé.

Toujours selon le même cabinet, cette Note Pays structurelle est ensuite combinée, pour les 70 plus importantes économies, à un Indicateur d’Alertes à Court Terme, mesure synthétique de vulnérabilité à court terme du pays aux risques de financement (Financial Flows Indicator ou FFI) et de cycle (Cyclical Risk Indicator ou CRI).

Les quatre grands niveaux globaux de risque pays (faible, modéré, significatif, élevé) résultent du regroupement en 4 classes des différentes combinaisons possibles de la Note Pays structurelle et le cas échéant de l’Indicateur d’Alertes à Court Terme, sur une échelle de risques croissants.

Ainsi L’Algérie qui souffre de la mauvaise gestion de ses finances publiques et de l’absence d’une réelle politique de diversification de son économie pourra, selon ce cabinet, subir des effets encore plus négatifs sur les échanges commerciaux du pays.

Par ailleurs, les décisions radicales prise dans l’économie égyptienne ont permis de voir son classement s’améliorer et passer de la notation C3 à C2 alors que le Ghana est passé de la notation B2 à B1…

A méditer.