Jean Yves Charlier a finalement préféré quitter ses fonctions de PDG du Groupe VEON, ce 27 Mars 2018, alors que son contrat signé pour trois ans, arrivait à échéance à la fin du même mois.

Jean Yves Charlier

 

Cette démission fait suite à celle d’Andrew Davies, le Directeur Financier du groupe, en septembre dernier 2017.

Jean-Yves Charlier, qui était arrivé comme PDG de vimpelcom le 13 Avril 2015, a été remplacé par Ursula Burns à la tête de l’exécutif de VEON, elle cumulera en plus sa mission, qui consistait à présider le conseil de surveillance du même groupe.


 

 

                                                       Ursula Burns
Le bilan du PDG sortant reste mitigé, Jean-Yves Charlier avait pris les rênes du groupe alors qu’une amende de près d’un Milliard de dollars était infligée à VIMPELCOM (devenu par la suite VEON) en représailles à des accusations de corruptions en Ouzbékistan.

Il avait décidé de baisser les charges en taillant dans les effectifs et de transformer le groupe en une entité plus ‘’digitale’’ proche d’un véritable opérateur de services Internet – Internet Services Provider (ISP).

La digitalisation, présentée comme une panacée par tous les responsables du groupe, n’a semble-t-il pas apporté les dividendes promis, ce qui avait d’ailleurs valu sa place le 8 décembre 2017 au Directeur Général en charge de la transformation de la performance, Mr Alexander Matuschka, après deux années et demi à ce poste…

Considéré par les spécialistes comme un échec, l’ambitieux projet du lancement de l’application de messagerie  »maison », censée concurrencer WhatsApp, Messenger ou Viber, n’a pu être disponible dans l’ensemble des pays couverts par VEON, et n’a été téléchargée que par un peu plus de 3% des abonnés des 245 millions déclarés par le groupe.

L’amélioration des équilibres financiers n’a pas été de longue durée, puisque la valeur de l’action de VEON a perdu plus de 1,70 € durant les douze derniers mois.

De même les revenus du groupe pour l’année 2017 n’ont pas atteint les 2% de croissance, pendant que la marge régressait elle de près de 1%, plombée par la baisse des performances de l’Algérie entre autres…

Rappelons que l’Algérie, à travers la société Djezzy, n’a cessé d’accumuler les déboires et les contreperformances commerciales avec Vincenzo Nesci, présent à la tête de l’opérateur algérien depuis le mois de Juillet 2015 ! Un record de longévité malgré son bilan catastrophique et qui tranche avec la rotation du groupe VEON…

Djezzy a perdu plus de 3 millions d’abonnés et n’a pu atteindre ses objectifs ni sur le plan financier ou commercial ni sur le délicat plan social.

Ces mauvais chiffres ont valu à Jon Eddy, en charge des pays émergents, dont le Pakistan mené par Aamir Hafeez Ibrahim, l’Algérie gérée par Vincenzo Nesci et le Bangladesh dirigé par Erik Aas, d’être écarté le 15 février 2018 !

A l’époque, Jean-Yves Charlier avait préféré donner la gestion des pays émergents à Aamir Hafeez Ibrahim. Tout un symbole pour ce quadragénaire arrivé à l’été 2016 de Jazz, l’opérateur pakistanais.

Il serait également grand temps de penser changement chez Djezzy !