Alors qu’aujourd’hui 09 avril 2018, l’Algérie passe à  l’ONU-Genève,  un examen devant le Comité pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants, une grande opération d’expulsion des subsahariens a été enclenchée par les forces de la gendarmerie et de la police,  très tôt ce  matin vers 5 h,  à Oran dans les quartiers de Ain El Beida, Coca, El Hassi et Tahtaha où quatre dortoirs à Medina J’dida ont été vidés de leurs occupants.

Vers 11 h, quelques 300 subsahariens toute nationalité confondue (Nigéria, Cote d’Ivoire, Libéria, Cameroun, etc..), dont des dizaines de femmes et enfants ont été regroupés au centre de rétention de Bir El Djir de la DAS. L’opération est chapeautée par le chef de Daïra d’Oran secondé par le croissant rouge algérien et les différents services de sécurité. Les migrants en cours d’expulsion vont être acheminés d’Oran vers Tamanrasset ce lundi soir par bus.

L’accès du centre de Bir El Djir a été interdit aux ONG et aux journalistes et toutes les mesures ont été prises pour qu’aucune information ne filtre.

Les migrants raflés le matin ont demandé aux autorités le droit de récupérer leurs affaires personnelles dans leurs lieux d’hébergements habituels mais ces dernières ont refusé catégoriquement. Pis, d’autres migrants restés en libertés sont partis pour les reprendre    mais les propriétaires des logements avaient très vite profité de cette situation dramatique pour se les approprier.

Lire le dernier message par SMS et cri de désespoir d’un migrant subsaharien de l’intérieur du centre de regroupement :

«  Il n’a jamais été vu ailleurs des algériens traités de la sorte ( Comme des chiens errants ). Veuillez noter que nous ne sommes pas des criminels ou des hommes à part. Mais, des gens qui ont des problèmes dans leurs pays et qui caressent l’espoir d’une vie sereine et plus ou moins stable hors de leurs pays respectifs »

A cet effet, Le SNAPAP/CGATA a condamné vigoureusement ce genre de pratiques contraires à tous les traités internationaux ratifiés par l’Algérie. Cette organisation de la société civile a demandé instamment aux autorités l’arrêt des arrestations et des expulsions collectives tout en exigeant un traitement humain selon les conventions de Genève.