Un énorme malaise règne au sein de l’une des plus importante et stratégique institution financière de toute l’Algérie. Suite à ses investigations, Algeriepart a obtenu des documents exclusifs démontrant le climat très délétère qui règne au sein de du Fonds National d’Investissement, appelé communément le FNI.

Ce fonds, qui emploie près de 400 employés à travers tout le pays, est issu de la restructuration de la Banque Algérienne de Développement (BAD), à l’effet de promouvoir de nouveaux instruments indispensables à l’intervention de l’Etat dans le financement du développement. Le FNI est censé être le symbole de la réforme du secteur financier et bancaire engagé par l’Etat algérien. Doté d’un capital de 150 milliards de DA, à savoir près d’un 1,5 milliard de dollars, le FNI intervient au travers de missions hautement stratégiques comme les prêts directs à longues durées et les prises de participations dans de gros projets économiques comme le rachat de 51 % des parts de Djezzy en janvier 2015.

Le FNI est actionnaire également dans plusieurs projets importants comme Renault Production Algérie où il détient au moins 17 % des parts du capital.

Mais en dépit de son importance, le FNI est une institution totalement méconnue auprès de l’opinion publique algérienne. Et cette discrétion absolue fournit l’opportunité aux responsables du FNI de commettre les pires dérives.

 

C’est du moins ce que nos documents dévoilent. Ces documents sont des correspondances adressées par le syndicat  d’entreprise du FNI, une section syndicale affiliée à l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), à la direction générale du FNI et à la direction des Ressources Humaines du même organisme. Ces lettres sont également parvenues à l’UGTA qui a été amenée à intervenir à plusieurs reprises pour dénoncer les brimades et intimidations dont sont victimes les travailleurs du FNI.

En effet, de nombreux travailleurs du FNI subissent des pressions énormes dés lors qu’ils manifestent le souhait de collaborer avec le syndicat de leur entreprise.

Pis encore, des incidents dangereux ont éclaté au niveau de la direction générale du FNI, située au sein des Tours de la rue Hassiba Ben Bouali dans le quartier de Belouizdad.

Comme le démontrent nos documents, deux syndicalistes ont été menacés et « persécutés » pour avoir osé porter secours à une femme de ménage qui s’est évanouie sous les cris de son patron, un prestataire privé de service chargé d’assurer le nettoyage des bureaux du FNI.

Sans même écouter la version des deux syndicalistes, le responsable de la DRH du FNI envoya un courrier qualifié par le syndicat de l’entreprise « d’insultant ». Le responsable de la DRH a pris parti en faveur du parton de la femme de ménage.

Lorsque les deux syndicalistes ont demandé des explications, il prétendra avoir été menacé, insulté et en profitera pour établir tout un rapport à la direction générale du FNI afin de convoquer une commission de discipline à l’encontre des deux syndicalistes sans prendre le soin d’écouter la version des faits des deux personnes incriminées.

Il aura fallu l’intervention d’une instance fédérale de l’UGTA pour sauver les deux délégués syndicaux d’un limogeage brutal et clairement arbitraire…

Cet incident s’inscrit dans une longue série de dérapages incontrôlés. Des dérapages qui prennent une dimension alarmante depuis l’arrivée à la tête de la Direction des Ressources Humaines du FNI d’un certain  Hadj Zoubir Yacine, un ancien cadre d’Algérie Télécom qui ne cesse, a-t-on constaté suite à nos investigations, d’instaurer en permanence un climat de tension avec les employés et cadres du FNI.  Selon nos recherches, ce haut responsable du FNI est allé jusqu’à abaisser la note mensuelle des employés qui ont « osé » approcher le syndicat de l’entreprise. Une pratique aussi intolérable qu’inquiétante.

Une pratique qui ne semble pas déranger le principal patron du FNI,  Ahcéne Haddad. Âgé de 69 ans, ce manager est au coeur de toutes les polémiques en raison de sa gestion douteuse d’un Fonds d’Investissement stratégique pour l’avenir du pays.

Il a récemment orchestré la liquidation des meilleurs cadres du FNI dont l’ancien directeur de l’informatique Mr Hamimi ou de Melle Kellou reconnue comme une des meilleures cadres au niveau de la direction de l’évaluation des projets.

En parallèle, pour couvrir ces départs préjudiciables au fonctionnement du FNI, il a eu recours au recrutement très suspect de consultants payés à des montants mirobolants, atteignant les 150.000,00 Da bien que leur rendement suscite de nombreuses interrogations.

L’autre personnage central du FNI est, sans nul doute, le secrétaire général du FNI, Kamel ABIDINE, âgé quant à lui de 70 ans… Les privilèges de ce haut cadre ne se comptent plus, à l’image d’un prêt contracté d’un montant de … 500 millions de centimes ! Ses rapports avec les jeunes cadres du FNI sont empoisonnés et de nombreux directeurs ont payé le prix fort de leur résistance aux décisions, ou lubies, du SG du FNI.

Face à ces pratiques d’un autre âge, indignes d’une grande institution financière, les travailleurs du FNI tentent de s’organiser pour protéger leurs droits.

Un rassemblement s’est tenu récemment dans les locaux du FNI pour dénoncer la mise à l’écart ou le harcèlement dont est victime certains de leurs délégués syndicaux.

Le malaise ne cesse de grandir au sein du FNI. Algeriepart reviendra avec de nouvelles révélations sur le fonctionnement hasardeux de cette grande institution financière.