Ahmed Ouyahia est, certes, sorti indemne de ce remaniement ministériel décidé par le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Néanmoins, il est sort aussi frustré et déçu car les changements qu’il avait demandé ont été refusés, a appris Algeriepart suite à ses investigations. 

Ahmed Ouyahia ne dispose toujours pas du gouvernement dont il rêve. Et plusieurs actuels ministres ne conviennent pas à son agenda. Selon nos investigations, Ahmed Ouyahia a demandé officiellement le départ immédiat d’au moins deux ministres. Il s’agit, en premier lieu, du ministre des Finances, Abderrahmane Raouya. Le courant ne passe pas très bien entre le Premier-ministre et l’actuel ministre des finances qui a été finalement maintenu dans ses fonctions par la Présidence de la République.

Ouyahia avait même bloqué la feuille de route de Raouya qui a souhaité opérer un mouvement à la tête de plusieurs banques publiques, comme il a été révélé auparavant par Algeriepart. Ahmed Ouyahia voulait remplacer Raouya par l’ancien ministre des Finances en 1997, Abdelkrim Harchaoui. Il s’agit d’une personne très proche d’Ahmed Ouyahia. Le chef du RND n’a pas réussi à imposer son choix et il devra continuer à composer avec Abderrahmane Raouya.

Le Premier-ministre a été désapprouvé aussi dans son élan de changement qu’il voulait insuffler au ministère de l’Energie. Les rapports avec Mustapha Guitoni sont très froids. Mais la Présidence ne veut d’aucun changement au ministère de l’Energie. Mustapha Guitoni forme un excellent duo avec Abdelmoumen Ould Kaddour, le PDG de Sonatrach. Les deux hommes sont très appréciés par le Palais d’El-Mouradia. Deux profils qui se complètent et leur collaboration s’avère très fructueuse. Les deux hommes sont chargés de  mener une mission hyper-stratégique pour l’avenir de toute l’Algérie : la révision de la loi sur les hydrocarbures pour relancer les investissements dans le secteur pétrolier et gazier sans oublier le lancement de l’exploitation du gaz de schiste.

Ahmed Ouyahia a, néanmoins, obtenu le départ de Hacène Mermouri  du département du Tourisme. Le Premier-ministre n’a jamais apprécié le bilan de ce ministre et des divergences majeures à propos de la gestion des hôtels et complexes touristiques publics ont opposé les deux hommes.

Reste à préciser enfin qu’Ahmed Ouyahia a perdu l’un des ses plus fidèles collaborateurs au sein du gouvernement. Il s’agit de Mohamed Benmeradi qui cède sa place à Said Djellab, celui qui occupait la fonction de directeur général du Commerce extérieur. Le départ de Benmeradi est une véritable surprise. Mais le branle-bas de combat suscité, y compris au niveau international, par la mauvaise gestion des interdictions d’importation de plus de 850 produits a incité la Présidence de la République à revoir ses plans. Mohamed Benmeradi s’est également mêlé de plusieurs polémiques qui ne relèvent pas de son ressort à l’image de la chute de la valeur du dinar. A-t-il été sanctionné pour toutes ces raisons ? Difficile de répondre par l’affirmative. Algeriepart poursuit ses investigations et reviendra sur ce sujet dans ses prochaines publications.