Mohamed Loukal, le gouverneur de la Banque d’Algérie, est un homme en colère.  Ce mardi, il a encore une fois demandé aux banques algériennes d’arrêter de jouer le policier avec leurs clients. Les banques algériennes sont accusées d’avoir fait du zèle dans la loi sur la lutte anti-blanchiment. 

Le rôle d’une banque est de collecter uniquement de l’argent.  “Le renseignement financier est du ressort d’autres instances qui doivent agir en toutes circonstances”, a expliqué Mohamed Loukal lors des travaux d’un symposium sur la place financière algérienne et les produits bancaires et d’assurances.

“Un client d’une agence depuis 20 ans a vendu un bien immobilier. En se présentant chez sa banque avec un chèque pour le verser dans son compte, on lui demande l’objet de l’opération”, a rapporté le Gouverneur en faisant remarquer que la loi interdit ces “dérives”.

Et pour en finir avec ces dérives, la Banque d’Algérie s’est récemment concertée avec les P-dg des banques et a promulgué une instruction “qui devrait libérer les banques de cette contrainte”, a-t-il poursuivi. Cette instruction invite les banques, “qui sont même passées à interroger leurs clients sur l’origine des fonds et l’objet de leurs opérations”, à se focaliser sur la collecte de l’épargne, relate le même haut responsable d’après lequel les banques ont été instruites à développer un programme en matière “d’agressivité commerciale” de façon à “récolter le maximum de la masse fiduciaire qui se trouve en dehors du circuit bancaire”.