L’Armée algérienne ne veut pas entendre parler d’une “suppression du service national”. Et au moment où cette idée est revenue sur le devant de la scène dans le sillage du mouvement de contestation enclenché par les médecins résidents, doublement soumis au service civil et militaire, le haut commandement de l’armée algérienne a publié une très sérieuse mise au point dans les colonnes de la revue El-Djeich dans son numéro d’avril qui coïncide comme par hasard avec le 50ème anniversaire du service national.

L’éditorial de la revue mensuelle de l’Armée nationale populaire (ANP) a adressé un message clair et précis aux jeunes algériens désireux de s’émanciper définitivement de cette obligation qui date depuis 50 ans : le service national est une valeur patriotique. Et l’ANP demeure très attachée à cette valeur qui durer encore et toujours pour l’appliquer sur les générations futures.

“L’expérience du service national a démontré ses aspects positifs dans le domaine du renforcement des capacités de défense du pays, de la consolidation de la cohésion nationale et du lien intergénérationnel, cohésion qui a été clairement démontrée toutes les fois que l’Algérie avait fait appel à ses enfants”, tente d’arguer la revue de l’armée algérienne dans son éditorial.

La revue El-Djeich n’hésite pas à affirmer que “le service national est devenu une école de formation des hommes qui ont contribué au grand chantier de la reconstruction et de l’édification de l’Algérie post-indépendance ainsi qu’à la préservation de sa souveraineté et de son intégrité territoriale”. A en croire le haut commandement de l’armée algérienne,  le service national “dont les principes s’inspirent de la glorieuse Révolution libératrice, demeurera le creuset où se forgent la cohésion et l’esprit patriotique”.

Il n’est donc pas question de le remettre en cause. Les voix qui appellent ainsi en Algérie à la professionnalisation de l’armée comme c’est le cas dans plusieurs pays développés à l’image de la France, les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne, n’ont obtenu aucun écho favorable. Et pourtant, d’autres pays très militarisés ont commencé également la réforme de leur service militaire à l’image de la Turquie où il est possible aujourd’hui  de payer entre 1000 euros (pour les double-nationaux) et 5000 euros (pour les nationaux) afin d’en être exempté.

A Taiwan, jusqu’en 2012, le service militaire concernait tous les jeunes âgés de plus de 18 ans qui devaient passer une longue année dans l’armée. Mais le gouvernement de l’époque décida de basculer vers une armée de métier et de réduire à 4 mois la formation (toujours obligatoire) pour les apprentis nés après 1994.

A l’opposé des autorités de ces pays, en Algérie, les décideurs militaires refusent toute remise en cause de ce dogme dénommé… le service militaire.