Le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, a dû regretter son déplacement à Tasaft Ouguemoune, dans la wilaya de Tizi-Ouzou. Parti célébrer la mort du Colonel Amirouche, tué par l’armée français coloniale le 29 mars 1959, le ministre a été confronté aux remontrances du fils de l’ancien Colonel de la wilaya 3 historique. Nouredine Aït-Hamouda a, en effet, transformé cette commémoration en un procès contre le régime.

“Je viens d’entendre tous les intervenants glorifier Amirouche, raconter sa grandeur, son héroïsme et son sacrifice, c’est, à vrai dire son devoir, mais on ne peut pas dire qu’Amirouche est mort juste en 1959. Ce qui a été fait à Amirouche après l’indépendance, ne lui a pas été fait par la France”, a tonné le fils du Colonel Amirouche, en référence au fait que les ossements de son père furent retenus, durant une vingtaine d’années, dans les sous-sols de la gendarmerie nationale, à Alger.

“La France a juste tué Amirouche comme elle a tué des milliers d’Algériens mais Boumédiene l’a exhumé à Boussaâda et l’a mis en prison jusqu’à 1983. Même Hitler n’a pas fait ça !”, a-t-il tonné, devant un ministre gêné. “Il faut écrire l’histoire d’Amirouche depuis le début jusqu’à sa sortie de la caserne de la gendarmerie. Il faut qu’on assume toutes les erreurs qui ont été commises”, a-t-il encore ajouté.

Nouredine Aït-Hamouda, député indépendant, a profité de cette cérémonie pour annoncer que la stèle érigée en l’honneur de son père sera revue. Il estime qu’elle ne reflète pas la personnalité de l’ancien chef révolutionnaire de la Kabylie durant la guerre d’indépendance. En route pour la Tunisie, le Colonel Amirouche a été tué, en compagnie de Si-El Haouès, alors commandant de la wilaya 6 historique (le Sahara) à Djebel Tameur, près de Boussaâda, le 29 mars 1959.

Saïd Sadia