Algeriepart continue ses investigations sur les agissements négatifs et irresponsables du PDG du Port de Mostaganem notamment après le scandale qui l’a touché suite à l’affaire des concessions attribuées au fils d’Amar Saâdani.

Ces agissements portent sur le climat de menaces, d’injures, de pression morale et
d’harcèlement exercés sur les membres de la section syndicale de l’entreprise et qui se sont accrus notamment après que ”l’émission impossible” de la chaine Beur TV soit revenu sur ce sujet.

Nous avons pu constater à travers notre enquête le calvaire que vit la section syndicale du Port de Mostaganem juste parce qu’elle a osé dénoncer le comportement irresponsable du PDG du Port de Mostaganem, dans un pays ou le libre exercice du droit syndical est garanti par la loi et même par la constitution de ce pays.

Le premier constat que nous avons pu relever est l’entrave au droit syndical.

L’ensemble des membres de la section syndicale de l’entreprise ont vivement dénoncé les entraves, les pressions, les menaces et les discriminations exercées par le PDG de l’entreprise sur leurs activités et leurs propres personnes se résumant dans les points ci-après :

  • Violation caractérisée par le PDG de l’entreprise des dispositions de l’article 48 de la loi 90-14 en refusant de mettre à la disposition de la section syndicale de l’entreprise des locaux et les moyens nécessaires à la tenue de ses réunions et des tableaux d’affichage ;
  • Violation caractérisée par le PDG de l’entreprise des dispositions de l’article 50 de la loi 90-14 par l’exercice d’une discrimination caractérisée, sur instruction directe de sa part, à l’encontre du secrétaire de la section syndicale de l’entreprise concernant la conduite et la répartition du travail, allant jusqu’à le consigner au niveau du bureau du parc automobile de l’entreprise et l’interdiction de lui octroyer toute mission de travail à l’instar du reste de ses collègues de même catégorie.

Puis, comble de l’humiliation il décide de lui changer de poste de travail en le nommant « Jardinier » !

  • Changement répété des postes de travail de certains membres syndicalistes en vue d’exercer sur eux une pression morale en les menaçant de licenciement et
    ce en totale violation des dispositions des articles 51 et 53 de la loi 90-14.

Si le PDG de l’entreprise souhaitait ainsi exercer des entraves au libre exercice du droit syndical, et prouver son abus autorité et de pouvoir loin de toute considération de la loi et de toute éthique professionnelle, il ne s’y serait pas mieux pris…

Le second constat des journalistes d’Algeriepart a été le licenciement abusif à l’encontre d’un membre syndical.

Le PDG du Port de Mostaganem a procédé au licenciement abusif et non règlementaire d’un membre syndical en totale violation des dispositions règlementaires garantissant le libre exercice du droit syndical et osant dire textuellement et publiquement « j’ai le bras très long et je suis intouchable ».

Ce membre syndical a pourtant obtenu gain de cause au niveau de la justice avec des jugements définitifs prononcés par le tribunal et la cour de Mostaganem, mais le PDG du Port refuse l’application de ces décisions de justice allant, faisant supporter par l’entreprise le paiement d’amendes très lourdes à hauteur de 4500 DA/jour sur une période de presque une année et ce, suite à l’inexécution de ces jugements.

Nous ne commenterons pas ce que nous ont apporté nos sources quant à ses déclarations publiques devant les travailleurs de l’entreprise « ma 3labali la bel 3adala la bel wizara » je ne tiens compte ni de la justice ni même du Ministère…

Qu’advient-il de l’état de droit garantissant la suprématie de la justice et le respect de ses décisions ? Qui couvre le PDG du Port qui foule des pieds le droit, la Justice et la tutelle ?

Le syndicaliste dont il est question et qui a été licencié est pourtant le cadre le plus diplômé et le plus expérimenté de l’entreprise (doctorant en gouvernance et management
des entreprises, master 2 en management et économie des entreprises,
master 2 en audit et contrôle de gestion, expert-comptable fiscaliste,
préventeur en hygiène et sécurité, membre de plusieurs laboratoires de
recherche à l’université et la liste est bien longue de son bagage).

Nous avons également pu constater que d’autres personnes sans le moindre diplôme ni même un baccalauréat ont été nommés à des postes de responsabilité avec un statut de cadre de dirigeant en totale violation de la loi à l’instar du responsable de la sureté du port…

Le fonctionnement du Bureau de Sureté du Port (BSP) est encadré par un arrêté
paru sur le journal officiel n°23 du 12 avril 2006.

Il est à noter que l’organisation du BSP ainsi que le statut et responsabilités de l’officier de sécurité du port sont clairement précisés.

A ce titre et conformément à l’arrêté susvisé, il est à noter que l’actuel responsable de la sureté du Port de Mostaganem n’est pas un officier de port, à l’instar de ses deux prédécesseurs ! une autre entorse au décret et à l’arrêté relatifs à l’organisation et le fonctionnement.

Quelle relation aurait donc le PDG du Port de Mostaganem avec le Responsable du Bureau de Sureté Portuaire pour le nommer à ce poste, lui dont le statut de cadre dirigeant l’empêcherait de répondre aux conditions exigées par la loi pour ce poste spécifique ?

Est-on face à un abus de bien public au vu des salaires perçus par l’actuel responsable de la sécurité du Port au titre du poste qu’il occupe alors qu’il ne ni de la qualification ni du statut requis par la loi ?

Autre constat aussi grave reste l’établissement de chèques au nom du PDG et de deux autres directeurs.

La section syndicale a dénoncé l’établissement par le PDG du Port de trois (03) chèques libellés aux noms respectifs de :


Le PDG de l’entreprise, N° 9902067 pour un montant de 855 000 DA,
 Le DFC de l’entreprise, N° 9537889 pour un montant de 540 000 DA,
 Le PFSO de l’entreprise, N° 9537891 pour un montant de 450 000 DA.

Et ce sans la moindre procédure prévue à cet effet et pour la première fois dans les annales de l’entreprise !” Nous assure une source

Cette situation nécessite sans doute des éclaircissements pour justifier le
recours et pour la première fois au niveau de l’entreprise à une telle procédure.

Nous avons appris durant notre enquête que l’entreprise avait procédé à la location de logements pour les trois directeurs, mais la règle impose que les chèques soient établis aux noms des propriétaires des logements en tant que bénéficiaires, or les chèques ont été établis aux noms de ces directeurs et ce pour procéder à un paiement en espèces aux propriétaires des logements…

Une dérive grave dans la gestion d’une entreprise publique !

Quel a été l’avis du commissaire aux comptes de l’entreprise et de son conseil
d’administration ? Le Ministre de tutelle le sait-il ?

Nous n’avons pas fini notre enquête et reviendrons très vite avec une suite…