C’est une visite stratégique que les autorités algériennes sont en train de préparer dans la plus grande des discrétions. Le 3 avril prochain, une importante délégation du géant américain ExxonMobil va débarquer à Alger pour rencontrer de nombreux hauts responsables de l’Etat, a-t-on appris au cours de nos investigations. 

Cette délégation sera accueillie naturellement par la direction générale de Sonatrach, mais également par le ministère de l’Energie. Cependant, les représentants de la plus grosse compagnie pétrolière américaine dans le monde devront rencontrer d’autres dirigeants du pays. En effet, ExxonMobil est considérée comme  l’une des plus grosses « supermajors » pétrolières dont es champs pétroliers et gaziers abritent l’équivalent de près de 22,4 milliards de barils, ce qui constitue les réserves prouvées les plus importantes pour une entreprise privée.

Elle est l’une des 10 entreprises comportant les plus importants bénéfices du monde et son chiffres d’affaires dépasse les 205 milliards de dollars, un montant supérieur à tout le Produit Intérieur Brut (PIB) produit par tout un pays comme l’Algérie, à savoir 156 milliards de dollars.

Selon nos investigations, les représentants d’ExxonMobil veulent connaître les évolutions de la situation économique et politique en Algérie avant de consentir à la moindre collaboration avec Sonatrach. Les dirigeants du géant pétrolier américain ont demandé des rapports précis sur la situation sécuritaire et veulent discuter avec plusieurs dirigeants algériens pour sonder leurs intentions. ExxonMobil est très intéressé par plusieurs projets en Algérie notamment les gisements de gaz de schiste. Mais le géant américain suit avec attention les évolutions du dossier de la révision de la Loi sur les Hydrocarbures notamment les mesures ayant trait au volet fiscal. Certaines taxes et dispositifs fiscaux intriguent ExxonMobil qui réclame des éclaircissements avant d’engager un plan d’investissement ambitieux en Algérie.

De son côté, Sonatrach mise beaucoup sur un partenariat stratégique avec ExxonMobil qui dispose de toute la technologie nécessaire pour rentabiliser l’exploitation des puits du pétrole algérien. Sans compter les immenses fonds que peut lever ExxonMobil. Des fonds avec lesquels Sonatrach pourrait lancer l’exploitation du gaz de schiste et l’accélération de plusieurs des travaux d’exploration. 

Si Sonatrach met entre 12 et 15 ans pour explorer et exploiter un champ pétrolier, ExxonMobil dispose de la technologie et du savoir-faire qui lui permet de réduire cette période à deux ans, voire 5 ans au maximum ! Selon plusieurs experts des hydrocarbures, la présence en Algérie d’ExxonMobil est un important gage de crédibilité. Et avec sa puissance financière, la compagnie américaine peut aider l’Algérie à surmonter définitivement la crise financière qui la paralyse. Toutes ces raisons font du déplacement à Alger de la délégation d’ExxonMobil un rendez-vous stratégique que ni Sonatrach ni les autorités algériennes ne veulent manquer…