Hassiba Mokraoui, la directrice générale du développement industriel et technologique au ministère de l’Industrie et des Mines, a été sévèrement sanctionnée à cause de la publication de la très controversée liste des prix de sortie d’usine des véhicules « assemblés » en Algérie, a appris Algeriepart de sources sûres. 

Cette haut responsable a été « mutée » vers un autre service, à savoir celui de la Direction Générale de La Petite et Moyenne Enterprise (DGPME), une direction nettement moins importante et stratégique par rapport à l’ancien département dirigé par Hassiba Mokraoui. Cette dernière avait pour mission de rassembler et de suivre les dossiers des opérateurs privés candidats au lancement d’une usine de montage des véhicules en Algérie. Une fonction très convoitée.

Selon plusieurs sources bien placées au ministère de l’Industrie, il s’agit bel et bien d’une mesure de sanction disciplinaire puisque Hassiba Mokraoui a perdu son grade de haut responsable du ministère de l’Industrie.

D’après nos investigations, Hassiba Mokraoui a été écartée de son poste parce qu’elle est accusée d’avoir orchestré la fuite de la liste des prix de sortie d’usine des véhicules neufs assemblés par les concessionnaires disposant d’une usine de montage dans notre pays. C’est Hassi Mokraoui qui a contacté personnellement tous les concessionnaires et gérants de ces usines pour leur demander de lui faxer les prix exacts de leurs véhicules à la sortie de leurs unités de montage. Chaque opérateur a obéi à cette instruction en faxant tous leurs tarifs.

Hassi Mokraoui est partie, par la suite, révéler au grand public cette liste controversée reflétant l’écart impressionnant qui existe entre les prix de revient et les prix de vente. Sur les réseaux sociaux, la liste de ces prix s’est propagée comme une traînée de poudre suscitant ainsi une vague d’indignation nationale. Une campagne de boycott des véhicules assemblés en Algérie a été lancée et les opérateurs ont crié au scandale. Ils se sentent bernés et manipulés car il n’a jamais été question de rendre publique cette liste confidentielle des prix.

Le geste de Hassiba Mokraoui a suscité l’ire de plusieurs responsables et dirigeants politiques en raison de la colère populaire qu’il avait provoqué. Cette cadre du ministère de l’Industrie est accusée d’amateurisme et d’irresponsabilité car elle aurait dû contextualiser et expliquer les tenants et aboutissants de ces prix jugés exorbitants et excessifs.

Avec un dinar très faible et en chute permanente face à l’euro et au dollar, sans oublier les charges importantes que nécessite la gestion d’une usine de montage, il parait logique que les prix de revient des voitures assemblées soient élevés, ont rétorqué plusieurs cadres du ministère de l’Industrie et observateurs avertis du secteur automobile. Malheureusement, les Algériens ne partagent pas le même point de vue…