A la suite de ses investigations, Algeriepart avait révélé le 1er mars dernier que depuis le début de l’année 2016, une centaine de bureaux d’études privés attendaient le paiement de leurs missions de diagnostic, réalisées auprès de 1500 PME algériennes dans le cadre d’un programme national soutenu et accompagné par l’Agence Nationale de Développement de la PME (ANDPME) relevant du ministère de l’Industrie. 

Algeriepart avait révélé dans sa précédente enquête les tenants et aboutissants de cette affaire qui tourne au scandale. Aujourd’hui, ce scandale est en train de prendre une dimension encore plus alarmante, a-t-on appris. Il s’agit, désormais, d’une véritable opération de sabotage dont sont victimes ces bureaux d’études alors que leurs employés sont toujours privés de salaires à cause de l’attitude désinvolte des hauts responsables du ministère de l’Industrie.

Depuis plus d’un mois, 47 dossiers de ces bureaux étaient au niveau du contrôleur financier du Trésor Public prêts à être payés. Mais le Trésor réclame un nouveau document que le directeur du budget du Ministère de l’Industrie refuse d’établir. Cette situation de blocage inédite a contraint le Trésor Public à demander de refaire toutes les factures d’avant 2017 au nouveau taux du TVA fixé à 19%. Ce qui est contraire aux textes en vigueur et la circulaire explicative du Ministère du Trésor en date de janvier 2017.

Les conséquences de cette nouvelle décision s’avèrent très lourdes car les dossiers de ces bureaux d’études étouffent financièrement depuis 2016 et se voient tenus d’être retransmis au niveau de l’ANDPME, et ce afin d’établir à nouveau toutes les factures, puis en obtenir validation par les clients répartis sur toute l’Algérie…

Les procédures bureaucratiques vont s’aggraver encore puisque tous les dossiers doivent remonter au Ministère de l’Industrie avant d’être réexpédiés au Trésor Public.

Ce long et complexe processus retardera une nouvelle fois le paiement de pas moins de 150 bureaux d’études pendant de longs mois. Au final, les bureaux d’études algériens seront payés en retard, avec un dinar dévalué, en plus du surcoût de 2% de TVA qu’ils doivent supporter à leur grand dam !

Cette gabegie sans précédent paralyse tout le programme de mise à niveau des PME algériennes, un programme vital pour le développement économique de notre pays.

Ce dispositif stratégique est aujourd’hui paralysé et de nombreux dossiers de nos PME sont en suspens.

Une mauvaise gestion criante et scandaleuse dont la responsabilité incombe en premier lieu au Ministre de l’Industrie, Youcef Yousfi, et son secrétaire général, Kheireddine Medjoubi.

Ce dernier fera l’objet d’un prochain article sur sa gestion catastrophique et les surprenantes nominations au sein d’entité publiques, auxquels il a procédé dernièrement…

Selon nos sources, personne ne se presse pour faire cesser cette dangereuse mascarade.