C’est un méga-projet qui fait le bonheur du Président turc, Recep Tayyip  Erdogan. Ce dernier, lors de sa visite de travail à Alger le 26 février dernier s’est énormément félicité de la signature d’un mémorandum d’entente entre le géant national des hydrocarbures, Sonatrach, et les groupes turcs Rönesans et Bayegan. 

Cet accord permet le lancement d’un immense projet portant sur un investissement pétrochimique de 1 milliard de dollars dans la zone franche de Yumurtalik, à Adana dans le sud de la Turquie. Mais pourquoi Erdogan s’est autant réjoui de ce projet ?

Il faut savoir qu’au terme de cet accord, dont Algeriepart va vous révéler les détails, Sonatrach fournira notamment la matière première pour la production de 450 000 tonnes de polypropylène par an. Mais de quoi s’agit-il exactement ? En vérité, Sonatrach s’est engagé à fournir à ses partenaires turcs du Naphta pendant une période de 10 ans, a-t-on appris au cours de nos investigations. Le naphta est un mélange liquide d’hydrocarbures légers, c’est-à-dire de molécules constituées d’atomes de carbone et d’hydrogène (en faible nombre). Il est principalement issu du raffinage du pétrole brut, sert de matière première à la pétrochimie.

Le naphta constitue la matière première des plastiques. Ainsi, durant les 10 prochaines années, c’est Sonatrach qui fournira à Rönesans et Bayegan la matière première pour fabriquer le précieux plastique dont l’industrie turque a cruellement besoin pour répondre à ses besoins. La Turquie importe annuellement pas moins de deux millions de tonnes de plastique essentiellement de la Chine. Ce futur complexe pétrochimique qui sera bâti en Turquie en partenariat avec Sonatrach permettra au pays d’Erdogan de s’affranchir de cette dépendance dangereuse.

Le coût de ce futur complexe de fabrication de polyéthylène, le composant que l’on retrouve notamment dans la moitié des emballages plastiques (films à usage alimentaire, agricole, etc.), est de 1,5 milliard de dollars. Selon nos investigations, Sonatrach prendra une participation qui évoluera entre 20 et 30 % de ce projet. Les négociations entre le groupe algérien et ses partenaires turcs se poursuivent à ce propos et le seuil définitif de la participation de Sonatrach dans le capital de ce futur complexe n’a pas encore été officiellement fixé.

Mais Sonatrach a d’ores et déjà obtenu un avantage très précieux : l’exportation vers l’Algérie à moindre coût d’une partie de la production du futur complexe d’Adana.  L’Algérie est le plus grand importateur africain de plastiques sous formes primaires. Les importations de matières premières plastiques, par exemple, ont augmenté de 13% par an entre 2007 et 2015, passant de 304 kt à 817 kt, soit +169% ! Avec ce partenariat avec la Turquie, l’Algérie pourra économiser des devises précieuses en diminuant une partie de ses importations. C’est pour toutes ces raisons que ce méga-projet constitue un véritable accord gagnant-gagnant.