Le secteur de la Santé s’apprête à connaître une nouvelle crise qui risque de l’ébranler pendant encore plusieurs mois. Le coup d’envoi de cette nouvelle crise a été donné depuis Annaba où les internes en médecine ont décidé de marcher sur les traces de leurs aînés pour réclamer le respect de leurs droits fondamentaux. 
Selon plusieurs sources locales, les internes en médecine s’organisent dans le but de rejoindre un syndicat récemment créé : Collectif Autonome des Internes en Médecine Algériens (CAIMA). Un nom qui n’est pas sans rappeler le fameux Collectif autonome des médecins résidents algériens (CAMRA), qui paralyse partiellement les hôpitaux du pays depuis près de cinq mois maintenant.
Ce collectif a vu le jour il y a quelques jours à Alger, et les internes d’Annaba veulent être parmi les premiers à y adhérer. Les internes en médecine du CHU d’Annaba, qui boycottent depuis avant-hier le service qui leur est imposé, espèrent, tout d’abord, créer leur syndicat avant d’entamer les procédures légales nécessaires à la tenue d’une grève qui pourrait très bien prendre des proportions nationales.
L’effet boule-de-neige est pratiquement garanti en ces temps de fronde sociale. C’est aujourd’hui à la faculté des sciences médicales d’Annaba que les médecins étudiants «officialiseront» la création du bureau local du CAIMA.
Il est à souligne que la situation des internes en médecine est inchangée depuis plusieurs années. Ceux-ci assurent le service au niveau des différents CHU du pays, comme des médecins confirmés, alors qu’ils n’ont qu’un statut d’étudiants. Ils remplacent les résidents dans de nombreuses tâches et font pratiquement tout le travail –même lorsqu’ils ne sont pas habilités à le faire-. Mais ceux-ci rechignent très rarement, hormis quelques rares débrayages non organisés –dans le sens où aucune instance ou syndicat n’avait supervisé les actions en question-. Les internes en médecine n’ont jamais posé de véritables problèmes à l’administration hospitalo-universitaire.
Cette fois-ci, les choses risquent d’être différentes. Le terrain est déjà propice à la grève illimitée et à l’escalade entre les internes et leur tutelle. Un terrain bien préparé par le CAMRA qui, par la détermination et l’abnégation de ces membres, a donné une véritable leçon de lutte pacifique.
Montrant ainsi à l’ensemble des travailleurs du secteur de la Santé, que le département du professeur Hasbellaoui était très fragile et qu’il ne pouvait résister très longtemps à la pression exercée par plus de 13.000 médecins résidents. La décision de créer un collectif autonome démontre que le débrayage que les internes comptent lancer, sera différent. Le nom choisi ne laisse, quant à lui, aucun doute sur l’exemple que comptent prendre les futurs manifestants… celui des résidents.
Depuis Annaba Mustapha Bendjema