Très peu d’Algériens le savent, mais en 2015 une plainte a été déposée officiellement à Paris contre de nombreux hauts gradés et dirigeants militaires algériens.

Les généraux Khaled Nezzar, Mohamed Médiene alias Toufik, Athmane Tartag qui a succédé le 13 septembre 2015 au général Toufik à la tête de la Direction des renseignements et services (DRS), Mohamed Touati et d’autres généraux ou officiers ont fait l’objet d’une plainte pour torture, déportation, tentative d’assassinat et crimes contre l’humanité. Cette plainte a été déposée le 19 octobre 2015 par un certain Abdelouahab Boukezouha, un ressortissant algérien et ancien activiste du parti islamiste le FIS, qui affirme avoir été torturé et forcé à l’exil pendant les événements de la décennie noire.

Au cours de ses investigations, Algeriepart a obtenu le document officiel qui confirme le classement sans suite de cette plainte par la justice française. En effet, comme le démontre ce document en notre possession, le Procureur de la République près la Cour d’appel de Paris au niveau du parquet du tribunal de Grande Instance de Paris, a refusé d’enclencher des poursuites à l’encontre des généraux algériens.

“Les juridictions françaises n’ont pas compétence pour en connaître faute de tout critère avéré de rattachement avec le territoire national”, avait expliqué à ce sujet le vice-procureur Nicolas Peron.

“Les critères régissant la compétence universelle des juridictions françaises ne sont pas plus réunies en l’espèce faute d’éléments établissant la présence en France des personnes que vous dénoncez”, avait argué enfin Nicolas Peron d’après lequel les faits évoqués par le plaignant algérien ne pleuvent plus être poursuivis au regard du droit français applicable à cette époque. “Plus de dix années s’étant écoulées entre la date de leur commission et le dépôt de la plainte”, conclut le juge français.