Il ne s’agit donc pas d’une simple manœuvre politique destinée à manipuler la rue. Yennayer a été bel et bien inscrit officiellement sur la liste des fêtes légales de l’Algérie. Cette mesure a été décrétée hier mercredi par le Chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, lors du Conseil des Ministres.

Bouteflika a réuni tous les ministres du gouvernement pour procéder à l’examen et adoption d’un projet de loi amendant et complétant la loi de juillet 1963 fixant les fêtes légales. Cet amendement est destiné à formaliser l’ancrage légal de l’inscription de Yennayer sur la liste des fêtes légales du pays.

Selon le communiqué final qui a ponctué les travaux du Conseil des ministres, l’adoption de ce projet de loi a été l’occasion pour le Président Bouteflika d’inviter le gouvernement à hâter la présentation au Parlement du projet de loi organique relatif à la création de l’Académie de la langue amazighe placée auprès du président de la République, sachant que ce projet de loi organique est déjà à un stade avancé de préparation.

 Le président Bouteflika avait enjoint aussi au gouvernement de “ne ménager aucun effort pour la généralisation de l’enseignement et de l’usage de tamazight, conformément à la lettre et à l’esprit de la Constitution” et “accélérer la préparation du projet de Loi organique portant création d’une Académie algérienne de la langue amazighe”.

Pour rappel, le président de la République avait décidé le 27 décembre dernier, en Conseil des ministres, de décréter Yennayer fête légale, décision qui a déjà été mise en œuvre le 12 janvier dernier par le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale. Cette décision confirme que pour la première fois depuis le recouvrement de l’indépendance nationale, Yennayer sera célébrée de manière officielle en Algérie.