« Quand on est obligée de monter avec lui en voiture de service, pour nous rendre sur chantier, c’est sans aucune hésitation ou honte qu’il effectue le trajet avec sa main sur la cuisse de la passagère. J’ai personnellement réclamé et refusé, mais il recommence à chaque fois ». C’est avec ces mots crus qu’une ingénieur de la Direction des Travaux Publics et des Transports (DTP) de la wilaya d’Annaba raconte son calvaire quotidien en raison du harcèlement sexuel qu’elle subit au quotidien de la part de son responsable hiérarchique.

Le scandale fait couler beaucoup d’encre à Annaba. Le chef du service entretien de la DTP d’Annaba a tenté d’abuser sexuellement de plusieurs de ses collaboratrices. Les victimes ont brisé la loi du silence dans les colonnes de notre confrère, le quotidien régional, le Provincial. A l’occasion d’un sit-in organisé le 6 mars dernier par les employés de la DTP pour protester contre la mauvaise gestion de leur organisme et les brimades qu’ils subissent de la part de leurs responsables, ces femmes ingénieurs ont décidé de révéler ces pratiques de harcèlement sexuel qui les martyrisent.

« Nous sommes au moins cinq à en avoir parlé entre nous et à avoir brisé la spirale du silence, mais nous n’osons pas en parler avec d’autres personnes. Nous avons peur. Nous risquons de perdre beaucoup à cause des agissements pervers de cet individu », a confié ainsi l’une des ingénieurs victime de cet harcèlement sexuel. Selon la même interlocutrice,  ce chef service est bien appuyé au niveau du ministère de tutelle.

« Ce responsable trouve toujours une occasion pour convoquer l’une des filles afin de lui faire subir des pressions morales, de l’affaiblir avant lui faire subir des attouchements. Moi-même, j’ai subi, impuissante et avec dégoût ses exactions. Ni les femmes mariées ni les filles célibataires ne sont épargnées, et aucune d’entre nous ne peut le dénoncer de peur des représailles. Nous sommes toutes dans le besoin et nous ne pouvons nous passer de ce travail. Que diraient nos maris, nos pères ou nos frères si jamais ils entendent parler de cela ? Nous gardons le silence car nous voulons éviter le pire », s’indigne une autre ingénieur

 

Selon nos investigations, à la suite de ces témoignages accablants, le premier responsable de la DTP d’Annaba a épargné le bourreau pour sanctionner les victimes ! Les femmes qui ont témoigné et dénoncé leur calvaire lors du sit-in du 6 mars ont été mutées 3 jours plus tard. C’est dire enfin que l’impunité perdure encore et toujours au profit de ces bourreaux qui font passer leurs collaboratrices pour un simple objet sexuel…