Le Ministre de l’Intérieur français Gérard Collomb rencontre aujourd’hui 14 mars 2018 à Alger son homologue Noureddine Bédoui, en marge d’un séminaire des préfets français et des walis algériens.

Selon un communiqué officiel, Gérard Collomb doit également s’entretenir avec le Premier Ministre Ahmed Ouyahia et le Ministre des Affaires Religieuses et des Waqfs, M. Mohamed Aissa, pour évoquer les questions de sécurité, de lutte contre le terrorisme et d’immigration clandestine.

Alors qu’Alger lutte pour contenir la problématique de l’immigration clandestine sub-saharienne sur son territoire, les récentes expulsions de migrants ont souvent été épinglées par des Organisations Non Gouvernementales (ONG) comme Amnesty International, ou le Conseil Supérieur de la Diaspora Malienne (CSDM) qui a dénoncé les conditions dans lesquelles les Maliens sont traités sur le sol algérien et la manière dont ils sont expulsés ; c’est-à-dire, « jetés » dans le désert.

Selon ces sources, ce sont des milliers de migrants qui seraient reconduits aux frontières, puis lâchés dans le désert entre Tamanrasset en Algérie et Arlit au Niger.

Ces expulsions se seraient poursuivies notamment à Alger, où des centaines de migrants ont été conduits au centre de Zeralda en attendant d’être emmenés vers Tamanrasset.

Il faut savoir que les autorités nigériennes estiment entre 80 000 et 120 000 le nombre de migrants qui seraient passé par le Niger en 2016, principalement depuis l’Afrique de l’Ouest et en direction de la Libye et de l’Algérie via la région d’Agadez.

Par ailleurs, L’Organisation Internationale sur les Migrations (OIM) affirme que les migrants se rendant en Algérie étaient principalement nigériens (37 %), maliens (13 %), camerounais (10 %), burkinabé (10 %) et bissau-Guinéens (6 %). Ceux venant au Niger depuis l’Algérie étaient principalement nigériens (40 %), maliens (11 %), camerounais (8 %), burkinabé (7 %) et gambiens (6 %).

Les soupçons de maltraitance entourant les expulsions de migrants en situation irrégulière, niées pourtant par le gouvernement algérien, ont eu pour conséquence une réaction violente au Mali.

Plusieurs centaines d’expulsés ont manifesté lundi 12 Mars 2018, leur mécontentement devant l’Ambassade d’Algérie au Mali.

Vers 10 heures les rues menant à l’Ambassade qui se trouve à Daoudabougou ont été bloquées avec des pneus usés, des pierres et des troncs d’arbres.

Les manifestants, auraient selon des sources locales, mis le feu au jardin qui borde l’Ambassade, des jets de pierres ont brisé des vitres et des caméras de surveillance.

L’intervention de la police du Groupement Mobile de Sécurité a pu disperser les manifestants à coups de gaz lacrymogène et a procédé à des arrestations.

Toujours selon des sources sur place, les manifestants entendaient lancer un signal fort à l’endroit des autorités algériennes qui leur impose des conditions de vie inhumaines sur son sol et même au moment de leur rapatriement…