A El-Milia, dans la wilaya de Jijel, la population locale est en train de lutter contre le projet de réalisation d’une cimenterie polluante qui risque de porter un énorme préjudice à l’environnement verdoyant et la nature sublime de cette région. 

La population d’El-Milia s’est organisée autour d’un collectif citoyen pour stopper ce projet de cimenterie qui sera réalisée et gérée par le groupe indien Sanjay Agarwal qui a créé en 2016 en Algérie avec des partenaires nationaux une société appelée SARL Super Industries. C’est ce entité qui devra gérer l’exploitation de la future cimenterie d’El-Milia. Une cimenterie qui suscite la peur et l’inquiétude la population locale.

Comme le montre ce document en notre possession, le comité citoyen représentant les habitants d’El-Milia a écrit au Premier ministre comme au ministre de l’Industrie et des Mines pour leur demander d’arrêter ce projet en raison de ses retombées néfastes sur la flore et la faune de leur région. Les habitants d’El-Milia, une région qui accueille d’ores et déjà le grand projet du complexe sidérurgique de Bellara, ne veulent pas assister à la transformation de leur localité en une “région invivable” en subissant les rejets d’une cimenterie qui sera située à peine à 500 mètres de leur ville.

A la place de cette cimenterie polluante, la population d’El-Milia réclame un hôpital ou un pôle universitaire digne de ce nom. Cette cimenterie suscite, en plus, de nombreuses interrogations car elle survient dans un contexte où l’Algérie abrite plusieurs projets de nouvelles cimenteries dont la capacité de production va satisfaire largement les besoins du marché national. Mieux encore, les projets inventoriés jusqu’à aujourd’hui permettront à l’Algérie de produire jusqu’à 40 millions de tonnes en 2020. De quoi permettre à notre pays d’exporter vers l’étranger une grande quantité de ciment. Pourquoi donc avoir autorisé une nouvelle cimenterie à El-Milia ?

Pour trouver des réponses à cette question, les délégués et représentants de la population d’El-Milia ont rencontré aujourd’hui lundi le Wali de Jijel. L’audience ne s’est toujours pas terminée au moment où nous mettons en ligne notre article. En attendant un geste des autorités locales, la tension ne cesse de monter à El-Milia où la population veut défendre coûte que coûte sa région contre cette destruction programmée de l’environnement.