C’est une importante décision économique. Les autorités algériennes viennent d’ouvrir officiellement le très délicat secteur du fret maritime et aérien aux opérateurs économiques privés. C’est du moins ce que nous apprend un document exclusif obtenu par Algériepart. 

Dans ce document, l’Association des Banques et Etablissements Financiers (ABEF) dresse une instruction à toutes les banques algériennes pour leur demander de lever la mesure de gel liée à l’exercice de l’activité de transport aérien et maritime de marchandises. Cela signifie clairement que cette activité est officiellement ouverte aux autres opérateurs économiques privés qui peuvent ainsi, désormais, déposer des demandes de financement auprès des établissements financiers pour investir dans ce secteur.

L’ABEF exige également aux banques algériennes de prendre toutes les mesures nécessaires pour “faciliter les procédures aux entreprises intéressées par l’exercice de cette activité”. Le message est donc clair : l’Etat algérien veut encourager la concurrence dans le fret aérien et maritime dominé jusque-là en Algérie par Air Algérie et les navires de la Compagnie nationale de navigation (Cnan), une autre importante entreprise publique.

Pour rappel, le cadre législatif relatif à l’ouverture  du fret aérien existait depuis 1998 mais il est resté gelé pendant toutes ces dernières années notamment à la suite du scandale Khalifa en 2002/2003. Le 14 janvier dernier, le ministre des Travaux publics et des Transports, Abdelghani Zaalane, a annoncé la levée du gel sur cette loi qui concernera en premier lieu le transport des marchandises. L’ouverture de cette activité au privé permettra de transporter les produits locaux destinés à l’exportation, y compris les produits agricoles ce qui permettra de créer de nouveaux emplois, a assuré Abdelghani Zaalane. Il a souligné qu’”Air Algérie ne peut satisfaire toutes les demandes des opérateurs en matière d’exportation de marchandises”.