Depuis le 4 février dernier, l’Algérie assiste à une explosion des cas de la rougeole dans les wilayas d’El Oued et d’Ouargla, au sud du pays. Selon les derniers chiffres officiels communiqués par le ministère de la Santé,  plus de 1500 personnes ont contracté la maladie dont 895 cas sont confirmés à El Oued et 645 à Ouargla.  

En si peu de temps, cette épidémie s’est propagée très rapidement dans ces deux régions provoquant ainsi un mouvement de panique sans pareil au sein de la population. Il faut savoir, d’abord, que la rougeole est une maladie virale grave extrêmement contagieuse. Avant que la vaccination ne soit introduite en 1963 et qu’elle ne se généralise, on enregistrait dans le monde tous les 2/3 ans d’importantes épidémies qui pouvaient causer environ 2,6 millions de décès par an.

C’est une affection due à un virus de la famille des paramyxoviridés. Le virus rougeoleux se transmet habituellement par contact direct ou par l’air, infectant les voies respiratoires puis se propageant à tout l’organisme. La rougeole est une maladie humaine et on ne connaît pas de réservoir chez l’animal.

Le premier signe d’infection est en général une forte fièvre qui apparaît environ 10 à 12 jours après l’exposition au virus et persiste 4 à 7 jours. Au cours de ce stade initial, le tableau peut comporter une rhinorrhée (nez qui coule), de la toux, des yeux rouges et larmoyants, et de petits points blanchâtres sur la face interne des joues. L’éruption apparaît plusieurs jours plus tard, habituellement sur le visage et le haut du cou.

En 3 jours environ, elle progresse pour atteindre les mains et les pieds. Elle persiste 5 à 6 jours avant de disparaître. On l’observe en moyenne 14 jours après l’exposition au virus, dans un intervalle de 7 à 18 jours.

Les jeunes enfants sont les plus menacés par cette maladie qui risque d’être mortelle si rien n’est fait pour éviter ses complications. Justement, au sud du pays, à Ouargla comme à El-Oud, ce sont les enfants âgés de moins de 12 mois qui constituent 50 % des cas de rougeole confirmés depuis le mois de février. Une situation très dangereuse qui a poussé le ministère de la Santé à tirer la sonnette d’alarme. Les adultes constituent le tiers des cas confirmés de rougeole. Et toutes ces personnes ne disposent pas d’un carnet de vaccination !

C’est, d’ailleurs, ce qui explique la propagation dangereuse de cette maladie : dans les localités touchées par la rougeole, les personnes ne sont pas du tout vaccinées. Cette réticence à se faire vacciner a exposé la population locale à de graves dangers. Mais il ne faut pas oublier également les conditions de vie précaires des populations frontalières qui ont aggravé la prévalence de cette maladie, reconnaissent les épidémiologistes  dépêchés dans ces régions par le ministère de la Santé.

Une commission d’enquête ministérielle est à pied d’œuvre à El Oued pour évaluer l’efficacité du dispositif déployé pour prévenir contre la rougeole et sa propagation. Le premier objectif est de remédier très rapidement à la frilosité des parents à l’idée de vacciner les enfants. Le vaccin contre la rougeole est un vaccin destiné à prévenir la rougeole, une maladie causée par un virus, le virus de la rougeole. L’efficacité du vaccin est importante et ses effets secondaires sont le plus souvent sans gravité

Et pourtant, en 2018, une population d’une région entière en Algérie n’est pas vaccinée ! C’est un véritable scandale sur lequel Algériepart promet d’enquêter dans ses prochaines éditions. De son côté, le ministère de la Santé tente de circonscrire la propagation de la rougeole en procédant à une campagne de vaccination des personnes de l’entourage des cas confirmés. Ainsi, pas moins de 130 mille personnes ont été vaccinées jusqu’à maintenant dans la wilaya d’Ouargla et 83 mille à El-Oued. Des mesures à travers lesquelles les autorités algériennes espèrent empêcher les dégâts irréparables de cette terrifiante épidémie.