C’est une dépendance impressionnante. Et les chiffres sont encore plus éloquents chaque année. L’Algérie est incapable de vendre autre chose que son pétrole à l’étranger. Pour comprendre les tenants et aboutissants de cette dépendance, prenons pour exemple les échanges commerciaux entre l’Algérie et les Etats-Unis. 

L’Algérie occupe officiellement le 57ème rang des pays fournisseurs des Etats-Unis. Durant les six (6) dernières années, les exportations algériennes moyennes vers les Etats-Unis ont atteint 5,1 milliards de dollars avec un pic de 11 milliards de dollars en 2012. La répartition par secteur des ventes algériennes au profit du marché américain fait ressortir, que le secteur des hydrocarbures demeure dominant, avec 3,3 milliards de dollars, soit 98,9 % du total des exportations algériennes vers les Etats-Unis, a révélé à ce propos le Conseil d’affaires algéro-américain (USABC).

L’Algérie ne sait pas vendre autre chose que son pétrole. Preuve en est, l’industrie n’accapare que 1 % de la totalité des ventes algériennes vers le marché américain soit un montant dérisoire de 34 millions de dollars. Quant au secteur agro-alimentaire, il n’absorbe, lui aussi, qu’une infime partie des ventes algériennes aux Etats–Unis, précisément 2,6 millions de dollars, composées essentiellement des dattes avec 98%.

Outre les dattes, l’Algérie exporte vers les Etats-Unis des quantités ridicules des caroubes, eaux gazéifiées et de l’huile d’arachide et ses fractions. En dépit de ses potentialités, ses richesses illimitées, l’Algérie ne profite nullement des perspectives du marché américain et de ses 350 millions de consommateurs.

Un véritable gâchis qui s’explique par l’impuissance de la production algérienne. l’Industrie algérienne est quasiment inexistante et elle ne peut même pas satisfaire les besoins du marché national. C’est donc une utopie de rêver d’une exportation vers l’étranger. En plus, l’Algérie ne fait aucun marketing vendeur. Elle demeure un pays totalement méconnu aux USA. Ni travail de communication, ni promotion de ses secteurs vierges, aucun effort n’est fait pour attirer des investissements étrangers ou pour défricher de nouveaux marchés à l’international.

L’exportateur algérien est également faible, peu structuré  et livré à lui-même. Ignorant les méthodes du management moderne, il peine à rivaliser avec ses concurrents marocains, égyptiens, émiratis ou les opérateurs qui sont originaires de l’Afrique subsaharienne. Avec une diplomatie qui axe uniquement sur la coopération sécuritaire et politique sans maîtriser les enjeux du business et une agriculture archaïque avec laquelle on est encore incapable de nourrir notre population, l’Algérie n’a rien à vendre à l’étranger. Elle est toujours condamnée à acheter et dépenser les devises qu’elle gagne en écoulant son pétrole sur le marché mondial.