Pour la première fois depuis 2013, le Front des forces socialistes (FFS) a évité, de justesse, une nouvelle fracture dans ses rangs. Une réunion extraordinaire du Conseil national de ce parti a réussi à trouver un compromis pratiquement impossible à voir se profiler à l’horizon il y a quelques semaines seulement. Le clan puissant qui constituait l’ancien cabinet noir du parti est-il en train d’être mis en minorité ? 

Lors qu’ils se sont présentés vendredi matin aux travaux du Conseil national de leur parti, les militants du FFS redoutaient, au minimum, la mise à l’écart de certains cadres qui ont osé remettre en cause l’ordre imposé depuis quelques années par le « clan des Baloul », du nom d’une famille proche de l’ancien président disparu, Hocine Aït-Ahmed.

C’est ce groupe qui fait réellement marcher le parti en dehors des instances légales connues. Preuve en est, 5 membres qui constituaient l’instance présidentielle, seuls deux sont restés : il s’agit de Mohand-Amokrane Chérifi, une caution « morale » des Baloul et Aziz Baloul, le médecin urologue qui a toujours agi dans l’ombre, en compagnie de son cousin et très influent député de la capitale, Karim Baloul. Du vivant de Hocine Aït-Ahmed, ce dernier faisait presque la pluie et le beau temps au nom du charismatique leader en exil en Suisse.

Depuis quelques semaines, la balance a commencé à se renverser. Les Baloul et certains de leurs appuis conjoncturels au sein du parti ne pèsent plus grand-chose. Tirant leur légitimité du leader disparu, ils n’ont plus que leurs noms à présenter aux militants. Ce qui a commencé à agacer ces derniers. Preuve en est que ce groupe a dû se plier à la pression de la base en accédant à la demande de tenir un Congrès extraordinaire pour le 20 avril prochain conformément aux statuts qui prévoient ce scénario dans le cas où le nombre des membres de l’instance présidentielle est moins de 3.

Et c’est le cas depuis la démission de Ali Laskri le mois dernier. Il y a quelques jours en effet, des responsables du parti clamaient haut et fort qu’il n’y aura pas de session extraordinaire du Congrès. Mais cette assurance n’est plus de mise puisque d’autres responsables, à l’image du premier secrétaire, Mohamed Hadj-Djilani, d’habitude discret, sont sortis de leur réserve pour exiger l’application des textes du parti. Est-ce le début de la fin de la domination du clan des Baloul ?

Saïd Sadia