La Sarl Best General Bâtiment (BGB) est une société algérienne créée le 31/ 03/ 2002 avec un capital social de 100 000,00 DA, en progression pour atteindre un capital social de 6.000.000,00 DA. Cette petite société de BTPH a introduit en Algérie une nouvelle technique concernant la réalisation de la Pièce d’Enrochement.  

A travers cette nouvelle technique ramenée d’Espagne, BGB espérait apporter de la modernité dans la gestion des gros chantiers de notre pays notamment dans le domaine de l’hydraulique où l’entreprise algérienne a noué un partenariat stratégique avec un opérateur espagnol pour proposer une nouvelle solution dans le cadre de l’amélioration des traitements et stabilisations des crues des Oueds.

Mais les rêves de cette petite entreprise algérienne se transforment en un cauchemar, car sa nouvelle technique brevetée en Algérie lui a été volée et subtilisée par un géant mondial : la société sud-coréenne Daewoo.

Un vol contre lequel les autorités algériennes n’ont toujours pas bougé le petit doigt.

Enquête sur un véritable scandale qui en dit long sur les injustices vécues par nos entreprises livrées à elles-mêmes face au diktat des grosses entreprises étrangères.

Enquête sur un vol inédit 

Tout a commencé lorsque en 2008, la Sarl BGB a pris contact en Espagne avec le Groupe Gilva pour les accompagner dans leurs projets en Algérie.

Après avoir visité leur usine et leurs chantiers dans toute l’Espagne ainsi qu’en Europe, « nous avons conclu une collaboration dans le domaine de la réalisation des chantiers en Algérie et le transfert de leur technologie à Notre Société Algérienne », confie à Algeriepart le PDG de la SARL BGB, Mr BOUDRARENE FARID.

« On les a invités à visiter notre pays pour voir les grands projets qui étaient en pleine réalisation et organiser un Séminaire pour les cadres de notre entreprise à l’Hôtel Mercure.

Les discussions et les négociations ont pris des mois avant que l’on arrive à un accord suivi d’un contrat nous autorisant à procéder à la fabrication en Algérie.

 »Ce fut certes dur mais nous étions satisfaits pour notre société », raconte le même manager.

Un contrat de partenariat pour la réalisation de la Pièce d’Enrochement (Brise lame) a été donc conclu avec le partenaire espagnol.

L’entreprise algérienne a déposé son brevet en Algérie le 24 JUIN 2009 pour protéger ses droits d’exploitation dans le cadre des lois Algériennes comme le montre ce document exclusif en notre possession :

Lors du salon Pollutec en 2011, une délégation de la société Daewoo est venue visiter le stand de la société algérienne où une pièce d’enrochement avait été exposée.

Les représentants du géant sud-coréen étaient revenus à maintes reprises pour négocier des offres, puis après plusieurs rencontres et visites sur différents sites et chantiers, les sud-coréens invitent l’entreprise algérienne à visiter leur chantier qui se trouvait dans la Nouvelle Ville de Boughezoul.

« Ils nous ont demandés de leur remettre des échantillons de pièces d’enrochement (Brise Lame) Grand et petit modèle. On leur a remis les modèles contre une décharge dûment signée et cachetée par leur représentant Mr Maouche Madjid », confesse le PDG de la Sarl BGB.

Le piège de Daewoo 

Convaincu par le produit de la société algérienne, la société Daewoo commande le 27/06/2011, 450 pièces d’enrochements.

Puis le 07/12/2011, Daewoo commande à la même entreprise algérienne 11875 Pièces de couleur grise et 11875 Pièces de couleur Rouge.

Ce qui fait au total 23750 pièces d’enrochements livrées et réglées à la Sarl algérienne.

Daewoo sollicite encore une nouvelle fois les services de la même entreprise algérienne, mais cette fois-ci les sud-coréens demandent aux Algériens de signer un contrat en bonne et due forme avec leur deuxième société en Algérie qui était la société SOMBO DEVELOPEMENT.

Le contrat signé, l’entreprise algérienne a mobilisé toute « une équipe d’ingénieurs,  de techniciens  et d’ouvriers pour la réussite de ce nouveau projet et honorer notre contrat avec Daewoo et Sambo », assure Mr BOUDRARENE FARID.

 

L’objet du marché consistait à procéder à la pose de pièces d’Enrochement au niveau du canal de la ville de Boughezoul.

Or, à la surprise générale, Daewoo va informer l’entreprise algérienne d’arrêter la pose de la pièce d’enrochement au motif que les plans ne sont pas approuvés par administration algérienne.

La Sarl BGB se retrouve ainsi exclue du chantier de la nouvelle ville de Boughezoul. On lui demande de patienter en attendant que l’administration algérienne approuve les plans de construction du canal. L’attente va durer plusieurs mois alors que les sud-coréens ne donnent aucun signe de vie.

Au début du mois d’avril 2015, les ingénieurs de la SARL BGB découvrent que leurs pièces d’enrochement sont posées au niveau d’OUED EL-HARRACH !

Le patron de la société algérienne tente de prendre attache avec les sud-coréens pour obtenir des explications, mais en vain.

Il est interdit d’accès au chantier et il n’est plus le bienvenu dans leurs bureaux, Daewoo ne voulant plus entendre parler de son ancien partenaire algérien…

Pourtant elle poursuit la fabrication des pièces appartenant à la société algérienne.

La SARL BGB s’attèle à réunir les preuves de cette usurpation et confectionne tout un dossier documenté comportant des photos démontrant que DAEWOO utilise étrangement la même technique brevetée par la société algérienne.

C’est une escroquerie ! 

Aux yeux des responsables de la SARL BGB, il n’y a aucun doute : c’est une escroquerie qui s’explique par un vol caractérisé.

DAEWOO a trompé la société algérienne en lui faisant miroiter des marchés prometteurs. En réalité, c’était un simple subterfuge pour subtiliser les plans de fabrication des pièces d’enrochement afin de les utiliser sur le projet le plus important pour Daewoo en Algérie : l’aménagement d’Oued El- Harrach.

En effet, l’aménagement d’Oued El-Harrach a été confié en juin 2012 au groupement Algéro-coréen Cosider-Daewoo Constructions suite à un appel d’offres pour un montant évalué à 38 milliards de Dinars (environ 395 millions d’euros).

Ce projet s’inscrit dans le plan stratégique 2009-2029 de réhabilitation et de modernisation de la ville d’Alger par l’État.

Aménagement hydraulique, dragage sur cinq kilomètres, construction et protection des berges, réalisation de stations de pompage assurant le débit d’étiage, mise en place d’un système de contrôle et de surveillance de l’eau…Daewoo est impliqué dans toutes les parties de ce projet ambitieux.

Et pour ce faire, elle avait besoin de recourir aux techniques de construction les plus innovantes. C’est pour cette raison que les sud-coréens ont insisté pour obtenir auprès de la SARL BGB toute la documentation nécessaire à propos des pièces d’enrochement qui seront utilisées pour le projet d’Oued El-Harrach.

Aussi choqué que bouleversé, le premier responsable de la SARL BGB entame des poursuites judiciaires et envoie des mises en demeure à Daewoo avant de saisir le Procureur de La République près le tribunal d’El-Harrach à Alger.

 
La justice algérienne a désigné un expert pour déterminer s’il y avait eu un copiage industriel et vol d’une technique brevetée.

Après presque une année d’expertise, l’expert désigné par la justice a fini par confirmer qu’il y avait bel et bien eu imitation et copiage illégal.

Daewoo avait breveté le modèle en Algérie uniquement le 29 Août 2013 alors que le brevet déposé par la société algérienne remontait au 24 JUIN 2009.

Seulement voilà, malgré le fait que l’expert ait donné raison à la SARL BGB, l’Institut National Algérien de la Propriété Industrielle (INAPI) intervient devant le tribunal d’El-Harrach en faveur de Daewoo !

Pourquoi un tel revirement alors que les documents signés et cachetés par leurs services stipulent clairement que la technique de la fabrication de la pièce d’enrochement a été brevetée en premier lieu par la société algérienne ?

La raison avancée en dernière minute par l’INAPI pour discréditer la Sarl BGB et avantager DAEWOO est un vice de forme !

L’INAPI a tenté de convaincre la justice que le brevet de la société algérienne avait été rejeté le 16 mai 2016 en raison d’une lettre datant de 2012 qui est restée sans réponse de la part de la Sarl algérienne !

La lettre dont il est question n’est jamais parvenue à la SARL BGB. « Pourquoi l’INAPI aurait attendue 5 années avant de nous signifier le rejet de notre brevet ? en même temps cela ne lui prend que trois mois pour octroyer un brevet à Daewoo ? » s’interroge le PDG de la Sarl BGB.

Ce dernier refuse de baisser les bras et de se taire face à cet arbitraire. Il réclame aujourd’hui devant la justice un dédommagement moral et financier et des excuses de la part de la société Daewoo pour tout le tort qui a été causé à son entreprise.

Les montants réclamés et le remboursement de toutes les pertes provoquées par les pratiques de DAEWOO ont été évalués à 280 000 000,00 DA (Deux cent quatre-vingt Millions de DA). En plus d’un dédommagement moral de 50 000 000, 00 DA (Cinquante millions de DA).

La justice algérienne va-t-elle défendre cette petite entreprise algérienne face aux agissements indélicats d’un géant sud-coréen ?

Nous le saurons très vite et Algeriepart reviendra sur cette affaire avec de nouvelles révélations.