L’Algérien se classe parmi les plus gros consommateurs de lait au monde avec une moyenne de 110 litres de lait consommés par habitant et par an. A titre de comparaison, la consommation du Tunisien est de 85 litres, celle du Marocain à 65 litres.

70 % des besoins sont importés sous forme de poudre de lait, faisant de l’Algérie le troisième importateur mondial, et le premier importateur au monde de lait écrémé en poudre avec un volume de 18 000 t/an.

Selon des informations récentes, les vaches allaitantes (élevées pour leur viande) produiraient naturellement environ 4 litres de lait par jour alors qu’une vache laitière produit en moyenne 28 litres de lait par jour sur une période de 10 mois.

Durant le pic de lactation, les vaches laitières à fort rendement, comme la Prim’Holstein, peuvent produire jusqu’à 60 litres par jour et jusqu’à 12 000 litres sur toute leur lactation pour une espérance de vie productive très courte. Elles sont en général abattues après leur troisième lactation en moyenne.

On compte environ 250 millions de vaches laitières sur la planète, dont 3,6 millions en France et 1 Million en Algérie. La plupart des fermes en Algérie, soit près de 200.000 exploitations, sont encore de type familial, avec en moyenne 4 ou 5 vaches laitières et un accès au pâturage.

Cependant on assiste à l’apparition de projets de méga-élevages où les vaches se comptent par dizaines ou par centaines en semi pâturage.

Pour qu’elles produisent suffisamment de lait, les vaches doivent mettre bas d’un veau tous les ans, dès l’âge de deux ans.

Les veaux leur sont retirés un ou deux jours après la naissance, ces veaux laitiers sont ensuite élevés pour le marché de la viande de veau.

Une filière totalement désorganisée 

En Algérie, la production de lait est totalement désorganisée. Les petites exploitations manquent de ressources fourragères pour une production relativement médiocre (1000 à 1500 litres par vache).

Pourtant, une politique d’incitation à la multiplication du cheptel bovin pour une augmentation de la production laitière, avait arrêté une prime de 60 000 DA à la naissance d’un veau, une aide de 10 000 DA pour chaque veau né de l’insémination artificielle, 50 000 DA pour chaque vache porteuse…

Le montant total des subventions pour l’investissement y compris les primes avait atteint pour l’année 2016 un montant dépassant 1,6 Milliards de DA.

La filière laitière ne peut croitre sans le développement de la production fourragère, qui est fortement déficitaire.

L’alimentation est assurée par du foin rarement produit, et donc souvent acquis pour la somme de 1500 à 2500 DA la tonne si ce n’est plus sur le marché noir en cas de rupture de stocks.

Malgré la désorganisation du Marché dominé par l’informel, quelques initiatives ont vu le jour et ’’les élevages se développent actuellement dans le sillage des laiteries et comptent souvent une quinzaine de vaches », indique Business France.

Des élevages de cinquante, voire plusieurs centaines de vaches, avec des bâtiments et des salles de traite modernes, se créent également. Mais même les vaches à fort potentiel, importées d’Europe depuis de nombreuses années, qui représentent près de 30 % du cheptel national, ne produisent pas plus d’une moyenne de 3000 à 3500 de litres de lait à cause de conditions d’élevage difficiles et d’une formation aux nouvelles techniques indisponible.

L’Algérie produit actuellement près de 2,5 milliards de litres de lait de vache, moins d’un tiers est collecté par l’industrie laitière. La plus grosse partie de la production est consommée localement ou donnée aux veaux.

Pour un 1,5 milliard de dollars 

Le gouvernement algérien a importé pour 1,5 Milliard de dollar de lait cette année (2017). ”Pour 1,5 Milliards de dollars d’achat de lait en poudre par l’Algérie, nous aurions pu acquérir 1 million de vaches laitières !’’, nous confie une source qui connaît très bien les dessous de ce dossier complexe.

”Une vache laitière peut produire en moyenne 28 litres par jour et peut produire jusqu’à 60 litres par jour pendant 10 mois. Considérons 28 litres par jour… la chaleur…le soleil…le manque d’eau, avec 1 million de vache nous aurions donc 2 milliards de litres de lait, ce qui permettrait à chaque algérien d’avoir 0,94 litre de lait par semaine !’’, nous affirme la même source.

Ainsi et selon les affirmations de notre interlocuteur avisé, avec 4 années de budget de lait, nous pourrions avoir un cheptel équivalent à celui de la France.

Alors, à quand une véritable prise en charge de ce secteur stratégique dans la voie de l’indépendance économique Monsieur le Ministre de l’Agriculture ?