Saïd Sadi, l’un des emblèmes de l’opposition algérienne, est sorti de son silence pour prendre sa plume et asséner ses vérités et pousse un coup de gueule sur la situation politique de l’Algérie. Dans une tribune publiée mardi par le média régional “Middle East Eye”, l’ancien chef de file du RCD a lancé de graves accusations à l’encontre des décideurs du régime algérien. 

Selon l’opposant Saïd Sadi, un homme généralement bien informé grâce à ses réseaux qu’il entretient au sein de plusieurs institutions sécuritaires, le régime algérien a sacrifié 5 hôpitaux de dernière génération pour financer la construction du méga-projet : “La Grande Mosquée d’Alger”. “Classique de l’autisme de despotes murés dans le déni : le gigantisme architectural. Une méga-mosquée est érigée contre l’avis des urbanistes algériens qui en ont contesté l’assiette et le coût faramineux pour une esthétique douteuse. La masse de l’édifice abîme en effet la baie d’Alger, balafrant du même coup son entrée orientale par un lugubre mur de béton. Pour réaliser ce monument néo-stalinien, cinq Centres hospitaliers universitaires (CHU) de dernière génération ont été sacrifiés. Les autres projets sont annulés ou à l’arrêt et les stratégies économiques sont rythmées par la guerre des clans”, écrit ainsi Saïd Sadi dans sa tribune incendiaire qui n’a pas manqué de susciter un vif débat sur les réseaux sociaux.

Le vieux opposant n’a pas omis d’analyser également les dessous du limogeage de l’ancien Premier ministre Tebboune. Une décision qu’il inscrit volontiers dans le sillage d’une terrifiante guerre des clans divisant le sommet du pouvoir algérien.

Une décision qui reflète “le délitement des mœurs politiques”, accuse Saïd Sadi selon lequel ce limogeage a été “inspirée par un groupe de cinq oligarques”.  “L’éviction du Premier ministre Tebboune, en août 2017, soit moins de trois mois après sa nomination, fut révélée par le frère du chef de l’État lors d’un enterrement ! Son remplacement par un homme qui a dirigé à trois reprises l’exécutif [Ahmed Ouyahia, ndlr] est plus qu’un message : un défi”, décrypte Saïd Sadi selon lequel le seul homme qui bénéficiait d’une certaine crédibilité au gouvernement a été chassé également comme un malpropre.

“Auparavant, le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, un des rares à bénéficier d’une reconnaissance internationale, a été remplacé par son encombrant adjoint. Dans la veillée funèbre algérienne, la crédibilité d’un dhimi (résident non musulman soumis à un impôt particulier dans la cité islamique) vaut hérésie”, s’indigne enfin un Saïd Sadi révolté et inquiet pour l’avenir de l’Algérie.