C’est incroyable mais vrai ! Les Banques algériennes, des établissements naguère prospères et riches, manquant aujourd’hui cruellement de liquidités. Comment en est-on arrivé là ? 

Tout a commencé depuis 2014 lorsque les recettes de l’Algérie en devises des ventes du pétrole et du gaz ont commencé à baissé significativement. Les banques sont passées dés lors d’une situation d’abondance de liquidités à une situation d’insuffisance de liquidités. Boualem Djebbar, le président de l’Association des banques et établissements financiers (ABEF), a reconnu l’impact très négatif sur les caisses des banques algériennes de  l’évolution par la baisse, à partir de 2014, des ressources provenant des hydrocarbures. Mais ce n’est pas le seul élément qui explique la raréfaction des liquidités dans nos banques. Celles-ci ont été étranglées également par l’importance des crédits à l’économie, qui ont connus une croissance de 26%, consommés entre 2014 et 2016.

Cela signifie tout simplement que les banques algériennes ont donné beaucoup, mais beaucoup de crédits aux entreprises publiques et privées. Ces crédits sont constitués à 75% de crédits d’investissement, à moyen et long terme, avec des différés importants dans la majorité des cas de 3 à 4 ans, voir 10 ans pour les grands crédits publics. Les banques algériennes devront donc patienter jusqu’à 10 ans pour espérer récupérer ces sommes d’argent et leurs intérêts. Durant toute cette période, elles devront se débrouiller pour trouver des solutions de refinancement et des liquidités nécessaires à leur fonctionnement quotidien. D’où le recours de l’Etat algérien à la planche à billets, à savoir l’émission d’une nouvelle quantité d’argent sur le marché national. 

Pour comprendre le poids de ces les créances non recouvertes, il suffit de savoir que l’encours, c’est-à-dire  le solde comptable de ces crédits, a atteint au 31 décembre 2017 les 8.800 mds DA, à savoir l’équivalent de près de 88 milliards de dollars contre 7.900 mds DA, soit près de 79 milliards de dollars, à la même période en 2016.

C’est un montant colossal qui défie l’imaginaire. A cela il faut rajouter que les crédits impayés ou non recouverts, évalué à 10%, cumulés depuis l’existence des banques en Algérie, et qui concerne tous les types de crédits confondus : public, privé, Ansej, agricole, etc. La moitié (50%) de ces crédits impayés est catégorisée, selon le jargon bancaire, class 3, c’est-à-dire hautement risqué. Cela signifie clairement que les banques algériennes risquent de ne jamais revoir cet argent. C’est pour toutes ces raisons que les liquidités manquent désespérément aux caisses de nos banques.