C’est un problème qu’il ne faut surtout pas sous-estimer. L’Algérie n’est toujours pas un pays souverain au sens économique du terme puisqu’elle peine encore et toujours à produire ce qu’elle doit manger. Cette dépendance s’explique par 4 facteurs auxquels les autorités algériennes n’arrivent toujours pas à proposer des solutions. 

D’abord, il y a la prédominance des zones arides et semi-arides qui réduit fortement l’avantage stratégique offert par l’immensité du territoire algérien. Elle impose la
mobilisation de toutes les ressources en eau et une gestion rigoureuse de leur utilisation. Nous avons, ensuite, la concentration de la majorité de la population dans les zones septentrionales et maritimes qui a pour conséquence une faible occupation du reste du
territoire, mais aussi et surtout, une régression de la Surface Agricole Utile disponible par travailleur agricole.

Le Docteur  Foued CHEHAT, de l’Institut National de la Recherche Agronomique, pointe également du doigt l’exigüité de la majorité des exploitations agricoles, conséquence normale de l’importance de la population active agricole et de l’étendue limitée de la SAU disponible. D’après cet expert, près de 48% des  exploitations disposent d’une superficie moyenne inférieure à vingt hectares.

L’autre raison qui explique la faiblesse de notre production agricole est la faible usage des intrants « intensificateurs » (engrais, produits phytosanitaires, semences et
plants sélectionnés, produits vétérinaires, …). Cette situation mène vers la faiblesse des rendements de nos terres agricoles.

A cause de ces 4 faiblesses, l’Algérie dépense chaque année près de 10 milliards de dollars pour nourrir sa population. Des dépenses onéreuses et dangereuses. Des dépenses que l’Algérie aurait pu économiser au regard de la richesse de sa biodiversité, facteur déterminant pour les progrès de productivité en agroalimentaire. “La large gamme d’espèces végétales spontanées fait de l’Algérie une zone géographique à haut potentiel de variabilité génétique. On sait, aujourd’hui, toute l’importance que l’on doit accorder à ce privilège naturel, compte tenu de son intérêt pour l’amélioration variétale et donc pour l’intensification de la production agricole”, note enfin le Docteur  Foued CHEHAT.

L’Algérie n’est donc pas encore un pays souverain du point de vue alimentaire. La souveraineté alimentaire se traduira par une minimisation des importations en calories et en protéines tout en tenant compte des contraintes naturelles et sociales qui s’imposent aux agriculteurs nationaux. Nous sommes malheureusement loin d’atteindre cet objectif vital pour l’avenir de notre pays.