La Turquie est une véritable success-story. En l’espace de quelques années, ce pays est devenu une puissance émergente et  un pays d’exportation par excellence, avec 80 milliards de dollars de produits vendus à l’étranger. En 2017, la Turquie est la première puissance économique du Moyen-Orient devant l’Iran et l’Arabie saoudite, la 7e puissance économique d’Europe et la 13e puissance économique mondiale.

Entre 2010 et 2011, la Turquie a réalisé jusqu’à 9 % de taux de croissance. Aujourd’hui, à l’occasion de la visite du Président Turc, Recep Tayyip Erdogan, à Alger, plusieurs voix se sont élevées pour réclamer aux autorités algériennes de s’inspirer fortement du modèle turc. C’est le cas d’Abderrahmane Hadef, vice-président de la Chambre Algérienne de commerce et d’industrie (CACI).

La Turquie qui était, il y a 25-30 ans, un pays en rade en matière de développement, rappelle cet interlocuteur sur les ondes de la radio publique algérienne Chaîne III.  Hadef  voit dans « le modèle turque », un « cas d’études » pour développer notre économie, surtout dans certaines filières comme le textile, l’agroalimentaire, la pharmacie et l’électronique. « Ce qui est intéressant dans le modèle turque, c’est qu’on n’a pas besoins d’avoir de grandes usines pour devenir exportateur », note le vice président de la CACI.

Par ailleurs, Abderrahmane Hadef a proposé de mettre à profit la forte présence des entreprises turques en Algérie, au nombre de 796 employant près de 28.000 personnes, pour développer des projets de coproduction.

« il ne faut pas avoir peur de la venue des étrangers en Algérie, il ne faut pas avoir peur aussi d’aller vers les marchés extérieurs. On a besoin d’interagir avec le monde pour élever notre niveau de compétitivité », a fait savoir ce responsable selon lequel l’institution économique qu’il représente a tracé tout un programme de « diplomatie économique », qui commence, dira-t-il, à donner des résultats sur le terrain, avec tout ce qui a été réalisé comme Road show et déplacement de délégations à l’étranger.

Mais pour revenir à l’expérience turque, l’Algérie doit valoriser son marché intérieur et soutenir sa consommation interne comme l’a fait la Turquie où la consommation privée est soutenue et son pouvoir d’achat augmente. La Turquie affiche un taux de croissance du PIB par habitant de 7,8 % contre 1,4 % au Royaume-Uni.  Des finances publiques maîtrisées et des investissements de l’Etat qui ne cessent de se renforcer notamment dans le secteur économique, la Turquie n’a pas gaspillé son argent dans des dépenses onéreuses accordées aux subventions sociales. Elle a préféré augmenter ses efforts en matière de recherche et développement afin d’exporter des produits à forte valeur ajoutée.

Avec cette gouvernance, la Turquie s’est offerte des universités de grande qualité. La réputation de ses universités va grandissante, celle d’Ankara attire des étudiants d’Afrique et d’Asie. Beaucoup de programmes d’excellence sont en anglais, ce qui permet d’attirer de plus en plus d’étudiants étrangers. Les universités turques constituent un atout pour les entreprises de haute technologie, notamment dans le domaine de l’avionique, des technologies de l’information et de l’électronique.

Comment la Turquie a-t-elle fait ? Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan et son équipe économique sous la direction du vice-Premier ministre Ali Babacan ont appliqué les principes de base et ont visé le long terme. Erdogan est arrivé au pouvoir en 2003 après des années d’instabilité et de crises bancaires. Le FMI avait été appelé à la rescousse. Etape par étape, la stratégie Erdogan-Babacan fut de rebâtir le secteur bancaire, redresser le budget et investir massivement là où il le fallait : dans les infrastructures, l’éducation, la santé et la technologie.

Tout le contraire d’une Algérie qui est dirigée sans aucune vision et sans aucune compétence naviguant à vue et négligeant l’éducation ou l’importance des nouvelles technologies. L’Algérie doit en urgence appliquer les leçons de l’exemple turc pour amorcer enfin son développement.