L’Algérie n’est pas devenue un pays sous-développé économiquement par un pur hasard. Non, loin s’en faut : ce sous-développement n’est pas une fatalité. Et pour y remédier, il faut, d’abord, comprendre ses véritables raisons. 

En vérité, les autorités algériennes ont commis trois erreurs fatales qui expliquent, aujourd’hui, la situation économique désastreuse de notre pays, décrypte une étude économique très pertinente menée par un chercheur au Centre de Recherches en Economie Applique pour le Développement (CREAD).  

La première erreur remonte aux débuts des années 90 lorsque l’Algérie a commencé malencontreusement son processus de désindustrialisation enclenché depuis avec le programme d’ajustement structurel (PAS). Ce programme a obligé l’Algérie de réduire le déficit budgétaire laissant flotter la devise et en libéralisant le commerce international en réduisant les barrières protectionnistes. Ce dispositif a produit un effet catastrophique sur l’outil productif de l’économie algérienne qui s’est retrouvée bradé et abandonné sous les exigences d’une ouverture économique sauvage incontrôlée et exigée à l’Algérie par le FMI.

La deuxième erreur des autorités algériennes intervient au début des années 2000 avec la mise en application des accords de libre échange avec l’union européenne et les autres pays du monde arabe (UE, ZALE). Ces accords aboutissent à la suppression de plusieurs droits de douanes et de taxes favorisant l’importation massive des produits depuis l’Europe et la Zone Arabe de libre échange. Des importations qui finiront par faire plier les entreprises algériennes novices et dépourvues de force et de formation pour affronter la concurrence étrangère.

La troisième et dernière erreur fatale des autorités algériennes fut la mise en œuvre des projets d’infrastructures dans le cadre des plans quinquennaux pour la relance économique
de (2002/2004) et celui de (2005/2009). Ces plans ont nécessité des moyens matériels et
humains considérables que l’économie nationale ne peut pas les satisfaire. Pour le faire, l’option d’importation de matières premières ainsi que les équipements nécessaires à la réalisation de ces projets s’est imposée en toute logique.

Le résultat fut catastrophique : une balance des paiements déficitaire, des importations surfacturées, des crédits bancaires débloqués sans aucun contrôle, des importateurs véreux profitant de l’occasion inondent le pays avec des containers de produits contrefaits, etc.

Et depuis ce jour-là, l’opulence financière de l’Algérie n’a servi à presque rien puisque à la première chute des prix du pétrole, c’est tout l’édifice qui menace de s’effondrer. L’Algérie paie cash ces trois erreurs. Et il est urgent de de tout reconstruire pour aboutir à une gouvernance saine et rationnelle.