Derrière l’image “humanitaire” affichée à la face du monde, l’Algérie renvoie de manière quasiment massive les migrants chez eux ou vers d’autres pays. Des opérations qui suscitent l’ire des autorités des pays voisins et des organisations internationales.

Dans un récent rapport, l’Organisation non-gouvernementale Amnesty international indique que l’Algérie a renvoyé, chez eux, pas moins de 6500 migrants subsahariens rien que pour l’année écoulée. Entre août et décembre, les autorités ont procédé, sur la base d’un profilage ethnique, à l’arrestation arbitraire et à l’expulsion forcée de plus de 6 500 migrants originaires de divers pays d’Afrique subsaharienne vers les États voisins du Niger et du Mali », dénonce l’ONG qui estime que l’Algérie est un « un pays peu accueillant » des migrants et réfugiés. Amnesty critique également des « expulsions arbitraires » de migrants subsahariens.

Dans la foulée de ces accusations, le Niger s’est montré agacé par le fait que l’Algérie renvoie, chez lui, des ressortissants d’autres pays africains. « Nous avons eu de longues discussions avec les autorités algériennes à plusieurs reprises, à l’occasion desquelles nous leur avons demandé de ne plus nous renvoyer des jeunes du Mali, de Guinée et d’autres pays. Nous sommes prêts à accueillir tous les Nigériens que les Algériens ne souhaiteraient plus voir sur leur territoire. Par contre, nous avons dit aux autorités algériennes de cesser de nous envoyer des jeunes Africains (d’autres nationalités Ndlr) », a dénoncé Mohamed Bazoum, ministre nigérien de l’intérieur.

La semaine dernière, des ONG ont dénoncé le renvoi de dizaines de subsahariens chez eux. « Après une vague d’expulsions massives en septembre et octobre 2017, les interpellations ont repris » en Algérie depuis le 10 février, « dans la rue et les transports en commun, mais aussi sur les chantiers de travail et dans les lieux de vie des migrants », note le groupe d’associations, dont Médecins du monde, Caritas ou la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH).

Les autorités algériennes refusent toujours de commenter ces accusations.

Saïd Sadia