Malgré la crise financière, le train de vie princier de l’Etat est maintenu. Y compris dans les dépenses onéreuses que les Algériens, touchés de plein fouet par l’amenuisement des ressources financières, ne comprennent pas le bien-fondé. C’est le cas de la résidence d’Etat de Club des Pins et d’autres institutions, à l’image du Centre culturel islamique, le centre culturel algérien de Paris et plus étrange encore Air Algérie et Tassili Air lignes.

Selon les détails du budget de l’Etat pour 2018, publiée dans le Journal officiel, la Résidence d’Etat du Sahel, connue sous le nom de Club-des-Pins, va être dotée d’un budget de 400 millions de dinars (40 milliards de centimes), à savoir plus de 3,5 millions d’euros. Un budget qui va au paiement des salaires et à l’entretien de la résidence qui abrite les hauts cadres de l’Etat.

Ce budget élevé demeure inexpliqué car les résidents de cette enclave ultra-sécurisée de la côte Ouest de la capitale paient, théoriquement, les loyers de leurs villas et chalets. Les loyers peuvent aller jusqu’à 300 000 Da par mois, payés par les organismes employeurs ou les entreprises qui comptent des cadres logés à Club-Des-Pins.

La résidence d’Etat du Sahel n’est pas la seule à bénéficier de l’argent des contribuables. Le Centre culturel islamique d’Alger bénéficie d’une subvention  à hauteur de 323 millions de DA pendant  que le Centre culturel algérien de Paris dispose d’une cagnotte de 140 millions de dinars, versés par le ministère des Affaires Etrangères.

La télévision publique, ENTV, est subventionnée à hauteur de 6,76 milliards de dinars (676 milliards de centimes). La compagnie Air Algérie, en proie à de graves difficultés de trésorerie, a reçu quand à elle 200 milliards de dinars. Tassili Airlines a obtenu une subvention de 500 millions de dinars. Les deux compagnies aériennes ont touché plus que de subvention que tout le secteur de la Culture dont les budgets des aides s’est établi à 8,9 milliards de dinars ! En pleine crise financière, l’Algérie peut-elle se permettre ces dépenses  qui ne produisent aucun effet sur la croissance économique ?

Saïd Sadia