C’est une fâcheuse habitude qui commence à agacer au plus haut sommet de l’Etat en Algérie. De nombreux hauts responsables algériens ayant occupé diverses fonctions politiques refusent de rendre les clés de leurs voitures de service alors qu’ils n’occupent pas leurs postes depuis plusieurs semaines, voire des mois. 

L’exemple le plus édifiant est sans doute le cas de Baha Eddine Tliba. Le milliardaire et député FLN de la wilaya d’Annaba a occupé les fonctions de vice-Président de l’APN entre 2016 et 2017. Et à ce titre, il avait droit à une voiture avec chauffeur. Une Passat Volkswagen flambant neuve avait alors été mise à sa disposition. Une voiture que le richissime homme d’affaires n’a pratiquement jamais utilisé car il a toujours préféré arborer son immense et prestigieux 4X4. Pourtant lorsqu’il a quitté ses fonctions de vice-président de l’APN, Tliba a refusé de restituer le véhicule de service.

Le Président de l’APN, Saïd Bouhadja, lui a adressé des mise en demeure à maintes reprises. Rien n’y fait, le député Tliba ne veut pas entendre raison.

Baha Eddine Tliba n’est guère, un cas isolé.

Plusieurs politiques ont reproduit le même comportement dans d’autres départements en confondant sans vergogne les biens publics avec leurs biens privés.

Ainsi va pour Amar Ghoul qui a dirigé le Ministère du Tourisme entre 2015 et 2017. Le jour où il est limogé de son poste, il rend toutes les affaires sauf les clés d’un 4X4, un véhicule de service qu’il continue à utiliser pour son usage privé alors qu’il ne fait officiellement plus partie du gouvernement.

Dans le même secteur, la très discrète Aicha Tagabou fut entre 2015 et 2017 Ministre déléguée auprès du Ministre du Tourisme, de l’Aménagement du territoire et de l’Artisanat chargée de l’Artisanat. A ce titre, elle a bénéficié de deux voitures de service m, mobilisées pour ses besoins personnels par l’Office national algérien du tourisme (ONAT). Il s’agit d’une Passat Volkswagen et d’une Toyota Corolla. Plusieurs mois après son départ du gouvernement, ces voitures n’ont toujours pas été restituées.

Certains dirigeants algériens ne semblent pas avoir conscience de la notion du bien et de leur mandat public. Une telle attitude, dans un contexte financièr très difficile pour tout le pays, déshonore la fonction politique et contribue à creuser le fossé de l’incompréhension avec le reste des Algériens à qui on demande des sacrifices.

Ce deux poids deux mesures, toléré par nos gouvernants est insupportable, il est grand temps d’y mettre fin.