Badis Diab a 27 ans et il est le fondateur de la Startup Galactik France, spécialisé dans l’accompagnement des footballeurs amateurs.  Leader dans son domaine en France et désormais présent aux États-Unis, l’entrepreneur Algérien revient avec AlgeriePart sur la réussite des startups Algériennes, de plus en plus nombreuses ces dernières années. Il nous parle de la nécessité d’investir dans l’innovation, et du projet « fou » d’une Silicon Vallée Algérienne.
Bonjour Badis Diab, vous êtes le fondateur de Galactik France, pouvez-vous nous expliquer brièvement le but d’une startup ?
Une startup à pour objectif d’innover dans un domaine, de proposer un modèle de management particulier et de produire un potentiel économique conséquent.
Dans un monde en perpétuelle mutation, lancer une startup est une opportunité à saisir pour toute personne enclin à vouloir entreprendre et innover.
Que pensez-vous de cette nouvelle génération d’entrepreneurs Algériens ?
Les entrepreneurs Algériens sont de plus en plus nombreux, présents dans tous les domaines, que ce soit dans l’informatique, l’énergie, l’agro-alimentaire, la santé, le sport ou dans l’industrie du divertissement. À l’heure de la mondialisation, les jeunes Algériens du pays et de la diaspora ont su s’imprégner de la modernité afin d’être compétitif dans tous les domaines. J’ai la chance de connaître de nombreux entrepreneurs Algériens à travers le monde, ils sont qualifiés, conscients des enjeux de l’économie moderne, et désormais parfaitement capables de mener des projets de grande envergure.
Quel est l’entrepreneur Algérien qui vous impressionne le plus aujourd’hui ?
Il n’y a pas selon moi d’entrepreneur Algérien plus talentueux. Ils sont divers et tous aussi compétents les uns que les autres dans leurs domaines respectifs. Je suis impressionné par la très talentueuse Majda Rahal, mais aussi par Walid Benblidia ou Samia Khedim.
Des noms qui ne disent peut-être encore rien au public Algérien, et pourtant, ces gens représentent l’avenir de l’innovation en Algérie. Je ressent toujours une fierté particulière à voir des compatriotes entreprendre. Au lieu de mettre en avant sans cesse les footballeurs de notre pays, nous devrions mettre en avant ces jeunes gens qui participent clairement au développement de l’Algérie.
Quel rapport l’État Algérien entretient-il avec ses entrepreneurs ?
L’État n’a pas conscience du potentiel énorme que représente sa nouvelle génération d’entrepreneurs. La création de l’ANSEJ à été une erreur stratégique et il n’a eu aucune répercussion, ni pour l’emploi, ni pour la jeunesse Algérienne. La création d’un fonds de crédit aurait dû être accompagné d’un véritable système de formation. Mais au lieu de cela, il a poussé de nombreux jeunes à se lancer dans le vide et à s’endetter inutilement, pour la plupart, des personnes qui n’étaient en rien formées à la création de l’activité économique.
Contrairement à ce que l’on pense, donner accès à l’investissement n’est pas la condition la plus importante pour réussir dans l’entrepreneuriat, il faut en premier lieu que d’autres conditions soit réunies : la formation, la perception de l’économie actuelle, le cadre, la logistique, les partenaires, etc..
L’État Algérien aurait dû investir dans une structure beaucoup plus adéquate à l’univers de l’économie moderne, une sorte de « Silicon Vallée Algérienne », un environnement qui combinerait : savoir, investissement, stratégie, partenariat et logistique. Je pense sincèrement que les startups Algériennes sont l’avenir du pays.
Une Silicon Vallée en Algérie, est-ce réalisable ?
Oui, c’est fortement réalisable. Une structure qui aurait une porté continentale, une sorte de pôle d’excellence en Afrique. L’État Algérien dispose des moyens nécessaire pour mettre en place une structure de ce type. Les revenus conséquents issus des hydrocarbures qui représentent la première richesse du pays doivent servir aux investissements dans la recherche et l’avenir de l’économie Algérienne. Il est peut être utopique d’imaginer une telle possibilité en Algérie, mais le système économique fondé sur la rente pétrolière est sans issue, ce n’est un secret pour personne et cela doit nous pousser, nous autres entrepreneurs, à proposer des possibilités innovantes pour notre pays.
Créer une sorte de Silicon Vallée en Algérie, se serait s’imposer comme un leader en Afrique dans la recherche et l’innovation, et de ce fait attirer des investisseurs et des capitaux étrangers, et ainsi faire basculer définitivement l’Algérie dans la modernité du 21ème siècle.
Un projet porteur d’innovation et d’emplois qui permettrait au pays de remplacer ce système de rente qui fait chuter l’économie Algérienne. La preuve est là : le pays subit un chômage record, et la valeur du dinar Algérien n’a jamais été aussi faible.
Au-delà de l’idée, par quoi faudrait-il commencer concrètement ?
Il faut organiser des consortiums. Faire revenir les plus grands talents de la diaspora au pays autour d’une même idée globale : restructurer l’innovation économique du pays.
Ils sont nombreux les Algériens issus des meilleures universités du monde, d’autres sont autodidactes mais disposent de « background » impressionnant, nous avons la chance de disposer de l’une des diasporas les plus importantes et les plus diversifiées au monde, de la Russie aux États-Unis en passant par la France, la Grande-Bretagne et la Chine.
Il est très facile de faire revenir de nombreux talents au pays, cela passe par une volonté de vouloir rassembler autour d’un projet ambitieux et durable sur le temps.
Nous sommes nombreux à entreprendre et qui plus est, à être leader dans nos domaines respectifs, le pouvoir Algérien doit l’entendre et faire de cette richesse une force économique pour l’avenir du pays. Nos voisins du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne ne disposent pas d’un tel potentiel et si ce projet est mis en place, ce serait extraordinaire pour l’avenir du pays.
Que répondez-vous à ceux qui vous diront que ce projet n’est pas réalisable ?
Je demanderais qu’on me démontre par A+B et de façon rationnelle, les raisons pour lesquelles ce projet n’est pas réalisable. Je suis entrepreneur, chacune de mes premières idées a été perçue par beaucoup de personnes au départ comme non-réalisable, ces mêmes gens ne cessent de me féliciter aujourd’hui.
Lorsque l’on entreprend, il faut avoir foi en son projet, en ses idées, en sa capacité à réussir, il ne faut pas se laisser influencer, continuer d’avancer afin de faire de l’impossible, une réussite. À l’échelle d’un pays aussi riche et aussi prometteur que l’Algérie, mettre en place une telle structure est une possibilité clairement réalisable, faut-il encore que l’État partage cette volonté d’entreprendre et de se tourner vers l’avenir.
Nous devons nous inspirer de ses pays qui avancent à vitesse grand V, en particulier le modèle économique des pays asiatiques, qui doivent nous inspirer, nous autres Algériens.