Blanchi politiquement en Algérie, les déboires de Chakib Khelil avec la justice italienne ne sont pas près de se terminer. Le procureur du Tribunal de Milan, Isidoro Palma, a cité nommément l’ancien ministre de l’Energie dans ce qu’il considère être des « preuves » de versement de pots-de-vin par des responsables de la société italienne Saipem aux responsables algériens afin de « barrer la route » à d’éventuels concurrents de la firme italienne dans l’obtention de marchés pétroliers en Algérie.

Pis encore, selon le magistrat, les Italiens auraient fait recours à la corruption pour « obtenir les faveurs » du ministre de l’Energie de l’époque. Et les contrats ont été obtenus.

Comme lors des précédents procès, l’agence Reuters qui a donné cette information lundi soir, le procureur milanais cite, comme preuve, le paiement d’une somme de 197 millions d’Euros qui auraient transité par la société Offshore, de Pearl Partners, domiciliée à Hong Kong et appartenant à l’homme d’affaires Farid Bedjaoui, présenté comme un «intime » de Chakib Khelil.

Ces pots-de-vin, versés entre 2007 et 2010, ont permis à la filiale du géant italien ENI d’obtenir en Algérie un marché de près de 8 milliards d’Euros et d’acquérir des actifs de la société canadienne, Firs Calgary Petroleums qui avait des permis d’exploitation de champs pétroliers dans le Sud Algérien.

La semaine dernière, une dizaines de fonctionnaires de justice, dont des juges et procureurs, ont été arrêtés par la police italienne. Ils ont été accusés d’avoir «modifiés » des instructions dans des affaires de corruption dans des contrats pétroliers avec certains pays africains, dont l’Algérie. Le procès de ce groupe devra avoir lieu lundi prochain.

Le procès des pots-de-vin versés par Saipem aux responsables de la Sonatrach aura lieu le 05 mars prochain. Il faudra donc s’attendre à de nouveaux rebondissements.

Saïd Sadia