Les dérapages des banques algériennes, des établissements déstructurés et gérés d’une manière très archaïques, ont fini par susciter la colère de la Banque Centrale. Celle-ci a adressé aujourd’hui mercredi un sévère rappel à l’ordre à toutes ces banques. 

La Banque d’Algérie a rappelé que l’ouverture d’un compte bancaire en Algérie au profit des citoyens est un droit garanti par la loi. En effet, le « droit au compte » pour tout citoyen est précisé par une instruction de décembre 2012 de la Banque d’Algérie. Ce droit a été conforté par l’article 43 de la Loi de Finances complémentaire pour 2015 permettant l’inclusion de nouveaux acteurs, comme sources d’expansion de l’épargne nationale et de sa canalisation, à travers la mise en œuvre du Programme de conformité fiscale volontaire.

Il s’agit d’une amnistie fiscale déguisée qui permet aux Algériens de déposer des sommes importantes de leur argent liquide au niveau des banques moyennant le paiement d’une petite taxe de 7 %. Force est, malheureusement, de constater que les banques algériennes ne respectent nullement ces obligations et imposent leur diktat à nos concitoyens.

Une attitude dangereuse qui renforce la sous-bancarisation de notre pays et fait fuir de l’argent frais qui sera redistribué dans le circuit informel échappant ainsi au contrôle de l’Etat.

Ces banques sont donc en partie coupables de l’évasion de 33 % de la masse monétaire de notre pays, soit 4.675 milliards de dinars à fin 2017 qui se répartissant en encaisses transactionnelles et thésaurisation pour un montant estimé entre 1.500 et 2.000 milliards de dinars auprès des entreprises et ménages, alors que le reste représente la circulation fiduciaire dans l’économie informelle, soit un montant allant entre près de 2.680 et 3.200 milliards de DA, à savoir l’équivalent de 32 milliards de dollars !

Plus qu’un rappel à l’ordre, il aurait fallu prendre des sanctions sévères à l’encontre des gestionnaires inconscients de nos banques.