La situation de l’opérateur de téléphonie mobile Ooredoo est très compliquée en Algérie. Après plusieurs mois tumultueux marqués par une extraordinaire et incompréhensible éviction de son Directeur Général, le hollandais Hendrik Kasteel, un flou total entoure aujourd’hui l’avenir d’Ooredoo dans notre pays. 

Et l’arrivée d’un directeur général adjoint n’a pas permis de redresser cette instabilité chronique dont souffre le top management de l’un des plus importants opérateurs de téléphonie mobile algériens.

Le soudanais Abdulatif Hamad Dafallah a été dépêché par Doha à Alger depuis le  début de ce mois de février. Officiellement, il n’est pas le nouveau DG qui doit remplacer Hendrik Kasteel. Mais il bénéficie de la confiance des actionnaires qataris et sa mission consiste à relancer les affaires à Ooredoo Algérie.

Des affaires perturbées et dangereusement ralenties par l’éloignement de Hendrik Kasteel pendant plusieurs mois. D’ailleurs, ce dernier a quitté Alger en laissant encore ses affaires personnelles dans sa suite au Sheraton d’Alger. Selon nos sources, ces affaires commencent à être “rapatriées” aux Pays-Bas via les services de DHL. Un signe qui démontre le retour quasi-impossible de Kasteel en Algérie ? C’est une certitude.

Cependant, il s’agit encore d’un élément supplémentaire qui enfonce Ooredoo dans l’instabilité. Sans un DG officiellement aux commandes pour manager les équipes et relever le défi de rentabiliser les investissements consentis par les qataris en Algérie, la santé financière d’Ooredoo risque d’en pâtir très sérieusement dans les semaines, voire jours à venir.

A Ouled-Fayet, au niveau siège de la direction générale d’Ooredoo Algérie, les langues commencent à se délier et les employés craignent l’impact négatif de cette turbulence sur leur avenir.

Baisses des revenus, suspension de la commercialisation des lignes spécialisées, ralentissement des ventes des lignes entreprises et business, dégradation du réseau mobile, un service Marketing inefficace proposant des offres de plus en plus onéreuses, perte des clients, une manne publicitaire ciblée en fonction de la complaisance des médias, les signaux plongent petit à petit dans le rouge à Ooredoo Algérie.

A Doha, la sonnette d’alarme a été tirée et un plan de crise est, semble-t-il, en cours de préparation.