Après la Kabylie, les chercheurs berbères des Aurès se dirigent vers l’adoption des caractères latins dans la transcription de la langue amazighe.

Dans une déclaration rendue publique, le réseau Awal des Aurès, qui regroupe des intellectuels et enseignants, suggère de transcrire tamazight en caractères latins. Les rédacteurs du document estiment en effet que le débat qui veut orienter vers l’utilisation des caractères arabes vise à « isoler la région des Aurès » de l’évolution de « la langue amazighe ». Ils indiquent également que l’usage des caractères arabes est « très éloigné des réalités » puisque l’essentiel de la production culturelle, scientifique et littéraire de la langue amazighe dans cette région du pays s’est fait en caractère « universel », donc latins. « C’est le meilleur moyen qui existe pour sauvegarder cette langue », indique le document.

Les signataires du document déplorent également que le rôle de leur région dans la lutte pour l’amazighité soit « minimisé » et réclament une généralisation concrète de l’enseignement de tamazight dans les Aurès. Ils réclament également une diffusion plus large en tamazight dans les stations de radios locales dans les wilayas des Aurès.

L’usage des caractères « latins » est pratiquement exclusif dans les 4 universités qui ont des instituts de langue et cultures amazighes implantés à Béjaïa, Tizi-Ouzou, Bouira et Batna. L’essentiel de la production scientifique et littéraire de cette langue est en caractère latin.

Said Sadia