Dans la discrétion la plus grande, l’homme d’affaires algérien Ali Haddad est en train de mettre un pied dans la très délicate et ô combien stratégique industrie pétrochimique. Preuve en est, depuis le 03 mai 2017, le groupe ETRHB d’Ali Haddad est actionnaire à hauteur de 17 % de Fertial, Société des Fertilisants d’Algérie. 

Il s’agit de l’une des plus importantes entreprises dans le secteur de la pétrochimie en Algérie. Créée à l’issue d’un partenariat signé en août 2005 entre le Groupe public algérien Asmidal et le Groupe espagnol Grupo Villar Mir, Fertial est installé dans les sites industriels d’Annaba et d’Arzew. L’entreprise affirme avoir une capacité annuelle d’un million de tonnes d’ammoniac dont une partie est réutilisée pour la production d’une large gamme d’engrais azotés et phosphatés.

Avec un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros en 2015, Fertial affiche de grandes ambitions dans un secteur clé qui est la pétrochimie. Et Ali Haddad est devenu ainsi actionnaire d’une société qui détient 60% des parts de marché de fertilisants en Algérie. Fini donc la dépendance vis-à-vis des travaux publics et des chantiers commandés par l’Etat, Ali Haddad se diversifie et mise sur une activité industrielle qui rapporte gros.

L’ammoniac et les fertilisants sont deux matières très recherchées en Algérie comme à l’étranger. Ceci dit, Fertial connaît des difficultés importantes depuis 2016 date à laquelle elle fut bloquée pendant plusieurs semaines en raison d’une mésentente entre les actionnaires et faute d’une autorisation d’exportation pour écouler sur le marché mondial son ammoniac. Et depuis, les bénéfices de l’entreprise ont beaucoup baissé et les déficits commencent à se creuser : en 2016, le déficit de Fertial était évalué à  985 millions de dinars, soit près de 9,5 millions d’euros.

En tant que nouveau membre du Conseil d’Administration de Fertial, Ali Haddad doit donc relever le défi de corriger au plus vite cette situation s’il espère rentabiliser rapidement son investissement stratégique. Un investissement qui pourrait lui permettre de s’offrir une nouvelle carrure dans le monde des affaires à condition qu’il soit géré avec intelligence et bon sens. Les réalités de la pétrochimie sont nettement plus complexes que celles du BTP. Nous reviendrons sur ce sujet dans nos prochaines enquêtes.