Les jeunes Algériens sont de plus en plus obsédés par les « imams cathodiques ». L’information n’émane pas d’un journaliste ou d’un simple observateur. C’est le résultat d’une étude scientifique menée par le Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC).

Dans cette étude rendue publique jeudi à l’occasion d’une journée qui s’est tenue à Oran, le Crasc révèle que « les jeunes cherchant une fatwa (édit) dans leur pratique religieuse se tournent vers des références étrangères plus qu’à des références nationales », signalant que les chaînes satellitaires et les différents sites Internet sont « incontournables pour les jeunes et exercent sur eux une influence de plus en grande ».

Or, « Ces imams-cathodiques représentent la référence religieuse chez les jeunes alors que l’imam des mosquées maintien sa place de proximité comme éducateur, mufti et intermédiaire pour les personnes âgées », précise Djilali El Mestari, directeur du Crasc, qui a organisé une journée d’études sur « les jeunes et la religiosité » en compagnie du Haut Conseil islamique (HCI). L’étude a ciblé un échantillon de 5.077 jeunes d’Oran et de Ghardaïa.

La preuve de cette dépendance des jeunes Algériens aux prédicateurs étrangers est donnée par cette autre étude menée par le site Fanzone-im.dz qui révèle que la page facebook du prédicateur égyptien Amr Khaled est suivie par 3,8 millions d’Algériens. Nos compatriotes se placent, avec les Marocains, juste derrière les Egyptiens, qui sont les premiers admirateurs de ce cheikh cathodique, doublé d‘un mufti 2.0.

Saïd Sadia